HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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Tout nous porte à croire que saint Athanase, qui a passé deux années deson premier exil à Trêves, de 336 à 568, du vivant même de saint An-toine, qu’il avait connu en Égypte, aura donné le premier aux Gaulois desrenseignements détadlés sur la vie des solitaires de la Thébaïde, et aurafait connaître jusqu’à quel point ils poussaient l’observation des conseilsévangéliques. Ces idées, apportées dans les Gaules par un personnage aussicélèbre, y auront germé, et enfin porté leurs fruits.
En effet, peu de temps après, saint Martin, qui vivait alors, et qui n’é-tait que de vingt ans plus jeune que saint Athanase, établit des moinesdans son église de Tours, et pratique avec eux la vie religieuse dans lemonastère bien connu depuis sous le nom de Marmoutier, qui devait plustard devenir un des plus célèbres de la congrégation de Saint-Maur. Ilvivait sous le même toit à Tours, comme saint Augustin à Hippone, avecceux qui partageaient ses exercices de piété, et les soins qu’il devait auxchrétiens de son diocèse.
A la même époque, on voit saint Yictrice, huitième évêque de Rouen,et ami particulier de saint Martin, fonder des monastères dans le nord desGaules, où il avait fait les fonctions de missionnaire. Il nous dit lui-mêmeque, dans une procession solennelle qu’il fit à Rouen, à l’occasion de plu-sieurs reliques qu’il avait reçues de saint Ambroise et d’autres évêques,« on y voyait une foule de moines exténués de jeûnes, et de nombreux» essaims d’enfants innocents, qui faisaient retentir les airs des sons» joyeux de leurs voix. »
Trois évêques d’Arles, saint Honorât, saint Hilaire et saint Césaire,dont les deux premiers occupèrent successivement ce siège important,sont aussi fondateurs de monastères.
Le premier est surtout connu pour avoir fondé, en 400, celui de Lé-rins, dans une petite île de la Méditerranée, qui porte aujourd’hui lenom de Saint-Honorat, département du Yar, en face et à deux lieuesd’Antibes.
Ce saint personnage était Gaulois, d’une famille d’origine romaine, etdont plusieurs membres avaient été consuls.
Il avait un frère aîné nommé Yenance; leur père était païen, et comme ilvoyait avec déplaisir que ses deux fils étaient chrétiens, ces deux derniers,pour se mettre à l’abri des importunités de leur père, qui voulait lesramener au culte des idoles, prirent le parti de s’embarquer à Marseille