DES ORDRES RELIGIEUX.
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habit. Le grand et angélique habit se donne à ceux qui veulent mener unevie plus parfaite, et qui demandent à en être revêtus; ce qui se fait au mi-lieu de cérémonies particulières et amène chaque fois une grande solen-nité. Les novices sont plus occupés aux travaux de la campagne qu’auxexercices spirituels. Aussi ces moines sont-ils fort ignorants. Peu com-prennent le grec littéral, dans lequel ils célèbrent leurs offices. Ceux quisont employés aux travaux du dehors sortent le matin et ne rentrent quele soir, pour souper et faire encore une longue prière avant de se coucher.Les offices sont chantés par ceux qui sont restés dans la maison. Ces officessont très-longs, et il faut bien six heures pour les lire seulement à voixbasse. Toute leur liturgie compose six volumes in-folio, ordinairement im-primés à Venise.
Ils se lèvent à minuit pour chanter un office, qu’ils appellent mesonycti-con, et qui dure deux heures. Ils reviennent à cinq heures à l’église, pourdire matines, laudes et prime. Ils s’arrangent toujours de manière que cettedernière heure commence au lever du soleil. A neuf heures, ils chantentla messe. Après dîner, ils vont travailler jusqu’à vêpres, qu’on chante àquatre heures. Ils soupent à six heures, et, après un office qu’ils appellentapodiplio, ils vont se coucher à huit heures.
Les moines du mont Athos reçoivent souvent la visite d 'exarques, queleur envoie le patriarche de Constantinople, pour percevoir le tribut qu’ilssont obligés de payer à ce chef de l’Église grecque. Les Turcs, de leurcôté, exigent d’eux de grosses sommes pour la tolérance qu’ils veulentbien leur accorder; de manière que, malgré les travaux auxquels ils sedévouent, ces moines ne sont pas riches.
Ils sont sous la juridiction des évêques, qui ont seuls le droit de con-firmer l’élection de leurs égumènes, ou supérieurs des monastères.
Après ceux du mont Athos, les principaux monastères de l’ordre desaint Basile sont celui du mont Sinaï, fondé autrefois par l’empereur Jus-tinien, et dont l’abbé a le rang d’archevêque; celui de saint Sabas, à troislieues de Bethléem, et celui du mont Ilymette, dans l’Attique. Il y en aplusieurs autres dans différentes îles de l’Archipel, telles queParos, Naxie,Cliio, Amorgos, etc. Le monastère du mont Sinaï est une forteresse oùles moines sont toujours en garde contre les attaques des Arabes. Cesmoines ont un prieuré à Messine, où ils envoient des sujets tirés de leurmonastère du mont Sinaï, mais qui sont obligés de se faire catholiques en