PREFACE.
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Ne sont-ce pas les trinitaires, les religieux de la Merci quiont eu les premiers le courage de se dévouer au rachat des chré-tiens esclaves chez les infidèles?
Que ne dit-on pas des ordres mendiants, de ces porte-besaces,qu’on traite avec tant de mépris? Ne payaient-ils pas l’aumônevolontaire qu’on leur faisait, en instruisant les peuples à uneépoque où l’hérésie s’efforçait de les pervertir?
À qui devons-nous de posséder les ouvrages des anciens?N’est-ce pas aux moines du moyen âge, qui les copiaient et nousles ont transmis dans de précieux manuscrits, dans un tempsoù les nobles se faisaient gloire de ne rien savoir?
Ces missionnaires qui ont été évangéliser la Chine, le Japonet le Tonquin, n’élaient-ils pas aussi des moines? Qu’on viennedonc encore nous dire qu’on n’avait que faire au monde de cesgens-là.
Que dirons-nous aussi de ces femmes qui, renonçant à toutesles aises de la vie et à toutes les jouissances que le monde leurpromettait, consacraient leur fortune, leur jeunesse au secoursdes malheureux dans les bagnes, dans les hôpitaux et dans les re-paires dégoûtants où s’ensevelit la misère? Ces héroïnes n’étaient-elles pas aussi des religieuses liées par des vœux volontaires?
En offrant à mes contemporains un tableau de toutes ces con-grégations, j’aime à croire qu’on n’aura rien à reprocher à ceuxqui les ont fondées et qu’ils ont quelques droits à la reconnais-sance du genre humain.
Hommes du monde qui me lisez (car c’est pour vous quej’écris), j’en appelle à vous-mêmes. Pourrez-vous vous défendrede quelque estime pour des personnages qui s’imposaient des de-voirs aussi sacrés, et obéissaient à une si noble vocation? J’aitrop bonne opinion de vous pour ne pas croire que vous finirezpar dire en parlant d’eux : Hi sunt quos habuimus aliquando inderisum et in similitudinem improprii. Vitam illorum œstimabamus