Druckschrift 
Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
Entstehung
Seite
310
Einzelbild herunterladen
 

3io

HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

déserteurs, des traîtres de lEmpire, des espions de police, & surtout parla libéralité avec laquelle on la prodiguait. A la fin des Bourbons, dansla France reftreinte que nous avaient faite les traités de Vienne, oncomptait environ quarante-deux mille légionnaires (i).

Après l * 1 2 avènement de Louis-Philippe, en i83o, deux ordonnances des23 & 25 août modifièrent la décoration; les fleurs de lis furent remplacéespar un fond dargent, orné de deux drapeaux tricolores ; la devise refiatoujours : Honneur & patrie.

A la révolution de février 1848, 011 voulut remettre en queflion lexis-tence de la Légion dhonneur & de toute diftinétion extérieure, commeattentatoire à légalité. Mais lopinion publique se prononça en majoritépour le maintien de lordre. Le général Cavaignac, chef du pouvoir exé-cutif, changea seulement la décoration : la couronne surmontant létoilefut supprimée, le centre de létoile reprit la tête de Bonaparte avec cetexergue : Bonaparte, premier consul, 19 mai 1802, & au revers les dra-peaux tricolores avec les mots : République française, & au centre ladevise : Honneur & Patrie (12 septembre 1848).

Le 3i décembre 1851, le Prince-Président rétablissait laigle, &, troisjours après, lui rendait la forme établie par lempereur son oncle.

Bientôt un décret organique venait réunir dans un seul décret toutes lesdifférentes ordonnances depuis 1816, & arrêter dune manière définitive lesrèglements seuls aujourdhui en vigueur.

La Légion dhonneur eft, à lheure quil eft, passée dans nos mœurs (2);

des yeux dun séraphin, la troisième au voile blanc & radieux dun esprit pur. Lestrois réunies ressemblaient au tissu dun célefte rêve.

« VI. Etoile des braves ! tes rayons pâlissent, & les ténèbres vont de nouveauprévaloir. Mais, ô arc-en-ciel des hommes- libres, nos larmes & notre sang coulerontpour toi. Si jamais ta brillante promesse sévanouit, notre vie ne sera plus quunfardeau dargile.

« VII. Et les pas de la liberté sanctifient les silencieuses cités des morts, & ils sontbeaux dans la mort ceux qui tombent fièrement dans tes rangs ; & bientôt, ô déesse !puissions-nous être à jamais avec eux ou avec toi ! >>

( 1 ) Schulze, Chronique de tous les ordres de Cher. Berlin, 1 85 5 ; in-fol.

( 2 ) Une belle parole de Lacépède montre que, de bonne heure, elle avait étéjuftementeftimée. Quelques officiers, après une campagne, avaient reçu des croix du majorgénéral, sans avoir le temps prescrit pour leur obtention. Napoléon, mécontent de cetteirrégularité, donna lordre de les faire retirer. Lacépède représente la douleur quéprouve-ront ces braves gens dune telle révocation. LEmpereur ne veut rien changer à sa décision.