LÉGION D'HONNEUR.
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dans les. regiftres des autorités judiciaires & adminiftratives, & le miniftre de la jufticechargé d’en surveiller la publication. — A Paris, le 9 prairial, an X de la République.
Signé t : Bonaparte, premier consul.
Contresigné : Le secrétaire d'Etat , H.-B. Maret.
Et scellé du sceau de l’État.
Vu : Le miniftre de la Juftice. Signé : Abri al.
L’Empire succédant à la République amena des changements dans laLégion d’honneur. D’abord le serment dut être modifié, & fut refusé parquelques hommes, tels que l’amiral Truguet & le poète Lemercier. La pre-mière diftribution faite par l’Empereur dans l’église des Invalides (14 juillet1804, jour anniversaire de la prise de la Bafhlle), appelé alors Templede Mars, fut encore une occasion d’opposition de la part d’Augereau,quoique grand officier de l’ordre, & d’environ soixante officiers militaires,qui refièrent dans la cour, ne voulant pas entrer dans la chapelle (1). Danscette diftribution, on commença par les vieux soldats invalides, puisvinrent les membres de Llnftitut, & enfin les légionnaires militaires. Lajeunesse de Paris fit aussi sa petite proteftation quelques jours après cettediftribution. C’était le moment des œillets rouges : des jeunes gens enmirent à leur boutonnière, & reçurent ainsi à diftance les honneurs mili-taires par des factionnaires un peu myopes. Napoléon, inftruit des rail-leries qui en résultaient & du mécontentement des soldats, ordonna auminiftre de la police de prendre à l’égard de ces insolents les mesures lesplus sévères. Fouché répondit : « Certainement ces jeunes gens méritentd’être châtiés, mais je les attends à l’automne qui va arriver. » — Cettesaillie spirituelle désarma le maître, & bientôt il ne fut plus queftion des
(1) Napoléon n’avait point encore échangé l’ordre de la Légion d’honneur avec lesordres étrangers; mais en attendant ces échanges qu’il se proposait de faire pourmettre, sous tous les rapports, sa nouvelle monarchie sur un pied égal aux autres, ilappela auprès de lui, au milieu de la cérémonie, le cardinal Caprara. &, détachantde son cou le cordon de l’ordre, il le donna à ce vieux & respeftable cardinal, quifut profondément touché d’une diftinèlion si éclatante. Il commençait ainsi par lereprésentant du pape l’affiliation à un ordre qui devait bientôt être ambitionné del’Europe entière.