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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
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biens nationaux, etc.; si particulariser cette obligation pour les uns, cen’était pas la rendre moins ftride pour les autres. On demandait si cettelégion n’avait pas un but trop exceptionnel, comme, par exemple, dedéfendre un pouvoir auquel elle serait attachée par le lien des bienfaits.D’autres, alléguant la Conftitution, objectaient qu’elle n’avait parlé que d’unsyftème de récompenses militaires. Ils ajoutaient que l’inflitution se com-prendrait mieux, soulèverait moins d’objeétions, si elle avait pour but derécompenser exclusivement les adtions de guerre; que les actions de cegenre étaient si positives, si facilement appréciables, si généralementrécompensées en tout pays, que personne ne trouverait à redire si on sebornait à cet objet clair & limité.
« Le premier Consul répondit à toutes ces objections av'ec la dialectiquela plus rigoureuse : — « Qu’y a-t-il d’ariftocratique, disait-il, dans une« diftinCtion toute personnelle, toute viagère, accordée à l’homme qui a« déployé un mérite civil ou militaire, accordée à lui seul, accordée pour« sa vie seulement, & ne passant point à ses enfants? Une telle diftinCtion
« eft le contraire de l’ariltocratie; car le propre des titres ariftocratiques Uf
« eft de se transmettre de celui qui les a mérités à son fils qui n’a rien fait co:
« pour les acquérir. Un ordre eft la plus personnelle, la moins ariftocra- ap
« tique des inftitutions. — Mais, dit-on, après ceci viendra autre chose. na
« — Cela se peut, ajoutait le premier Consul; mais voyons d’abord ce ïïi
« qu’on nous donne, nous jugerons du refte ensuite. On demande ce que d
« signifie cette légion composée de six mille individus & quels sont ses d
« devoirs. On demande si elle a d’autres devoirs que ceux qui sont imposés h
« à l’universalité des citoyens, tous également tenus de défendre le terri-« toire, la Conftitution, l’égalité. Premièrement on peut répondre à cette« queftion que tout citoyen doit défendre la patrie commune, & que cepen-« dant il y a l’armée, à qui on en impose plus particulièrement le devoir.« Serait-il, dès lors, étonnant que, dans l’armée, il y eût un corps d’élite« auquel on demanderait plus de dévouement à ses devoirs, plus de dispo-« sition au grand sacrifice de la vie (i)? Mais d’ailleurs veut-on savoir ce
(i) Un fait arrivé en 1808, le matin de la trille capitulation de Baylen, prouve la la
juftesse de cette prévision. Pendant le combat du matin qui précéda la capitulation, , la
deux régiments suisses, forts de huit cents hommes chacun, passèrent brusquement à le
l’ennemi ; les deux colonels relièrent seuls dans les rangs français. Le général Dupont
les félicitait de cette conduite : « Voilà ce qui nous retient, » dirent-ils en montrant p
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