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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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LÉGION DHONNEUR.

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aussi bien que les services militaires. Pour partir du présent état de choses,il était décidé que les militaires qui avaient des armes dhonneur seraientde droit membres de la Légion, & classés dans ses rangs selon leur gradedans larmée.

« Cette inftitution ne compte guère plus de quarante ans (1), & elle eftdéjà consacrée comme si elle avait traversé les siècles, tant elle eft devenue,dans ces quarante ans, la récompense de lhéroïsme, du savoir, du mériteen tout genre, tant elle a été recherchée par les grands & les princes delEurope les plus orgueilleux de leur origine! Le temps, juge des infti-tutions, a donc prononcé sur l'utilité & la dignité de celle-ci. Laissons decôté labus qui a pu être fait quelquefois dune telle récompense, à traversles divers régimes qui se sont succédé, abus inhérent à toute récompensedonnée par des hommes à dautres hommes, & reconnaissons ce quavaitde beau, de profond, de nouveau dans le monde une inftitution tendant àplacer sur la poitrine du simple soldat, du savant modefte, la même déco-ration qui devait figurer sur la poitrine des chefs darmée, des princes & desrois ! Reconnaissons que cette création d'une diftinCtion honorifique était letriomphe le plus éclatant de légalité même, non de celle qui égalise leshommes en les abaissant, mais de celle qui les égalise en les élevant; recon-naissons enfin que si, pour les grands de lordre civil ou militaire, ellepouvait bien nêtre quune satisfaction de vanité, elle était, pour le simplesoldat rentré dans les champs, laisance du paysan, en même temps que lapreuve visible de lhéroïsme!...

« Le projet de la Légion dhonneur fut fortement attaqué. Le premierConsul devançait le mouvement des esprits. Cette génération, qui bientôt secouvrit de décorations avec un empressement puéril, résiliait encore, dansle moment, à linftitution de la Légion dhonneur.

« On trouvait même au conseil dEtat que cette inftitution blessait léga-lité, quelle recommençait lariftocratie détruite, quelle était un retour tropavoué à lancien régime. Lobjet si élevé, si positif, indiqué par le serment,ceft-à-dire le maintien des principes de la Révolution, ne touchait queriïédiocrement les opposants. Ils demandaient si les obligations contenuesdans ce serment nétaient pas communes à tous les citoyens, si tous nedevaient pas concourir à défendre le territoire, les principes de légalité, les

(1) Aujourdhui plus de soixante.