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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

« riser que les individus. Laffeêlation de faire autrement que tout le monde« eft une affectation réprouvée par les gens sensés, & surtout par les gens« modeftes. Les cordons sont en usage dans tous les pays, quils soient,« ajoutait le premier Consul, en usage en France! Ce sera un rapport de« plus établi avec l'Europe. Seulement on ne les donnait en France, on ne« les donne chez nos voisins quà lhomme bien, je les donnerai à« lhomme qui aura le mieux servi dans larmée & dans lÉtat, ou qui« aura produit les plus beaux ouvrages. »

« Les armes dhonneur, imaginées par la Convention, navaient guèreréussi, parce quelles nétaient pas adaptées aux mœurs. Elles avaientdailleurs entraîné des complications adminiftratives assez fâcheuses, àcause de la double paye accordée aux uns, refusée aux autres. Le premierConsul imagina un ordre militaire, par la forme, mais non pas deftiné auxmilitaires seuls. Il lappela Légion dhonneur (i), voulant imprimer lidéedune réunion dhommes voués au culte de lhonneur & à la défense decertains principes. Elle devait être composée de quinze cohortes, chaquecohorte de sept grands officiers, vingt commandants, trente officiers &trois cent cinquante simples légionnaires, en tout six mille individus de toutgrade. Le serment indiquait à quelle cause on devait se consacrer lors-quon faisait partie de la Légion dhonneur. Chaque membre promettait dese dévouer à la défense de la République, de lintégrité de son territoire, duprincipe de légalité, de linviolabilité des propriétés dites nationales.Cétait, par conséquent, une légion qui mettrait son honneur à faire triom-pher les principes & les intérêts de la Révolution. Des décorations & desdotations étaient attachées à chaque grade.

« Le conseil de la Légion dhonneur était chargé de gérer les biens dela Légion, & de délibérer sur la nomination de ses membres. Enfin, ce quiachevait de compléter linffitution & den indiquer lesprit, ceff que les ser-vices civils dans toutes les carrières, telles que ladminiftration, le gouver-nement, les sciences, les arts, les lettres, étaient des titres dladmission

(i) Cétait peut-être aussi une petite concession habile faite à lopposition républi-caine, que le mot ordre eût encore plus blessée en rappelant tout à fait les inftitutionsmonarchiques; les noms des dignitaires, légionnaires , officiers, commandants , grandsofficiers , sont conçus dans le même esprit que le mot légion. Ce mot légion nétait-ilpas encore destiné à rappeler la République romaine, à laquelle on faisait en ce momentde nombreux emprunts : les consuls , les tribuns , les préfets , & plus tard Empereur.