ARMES D’HONNEUR.
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Ces fusils, baguettes, mousquetons, carabines, trompettes & grenadesportaient en inscription les noms des militaires auxquels ils étaientaccordés & la désignation de l’aétion pour laquelle ils l’obtenaient.
Tout militaire qui avait obtenu une de ces récompenses jouissait decinq centimes de haute paye par jour.
Il était accordé des sabres d’honneur aux officiers qui se diffinguaientpar des aétes d’une valeur extraordinaire, ou qui rendaient des servicesimportants. Ils jouissaient d’une double paye.
Le premier sabre d’honneur fut donné le 5 nivôse, an VIII, au généralde division Saint-Cyr, pour sa vidoire sur l’aile gauche de l’arméeautrichienne. Ce sabre avait été deftiné au sultan par le conseil exécutifprovisoire en 1793; la lame de Damas eft renfermée dans un fourreautrès-riche, & la poignée en or massif eft enrichie de diamants.
Il ne pouvait être accordé que 3o armes d’honneur dans une demi-brigade ou régiment d’infanterie, & de 15 à 20 dans les régiments decavalerie & d’artillerie. En 1802, on comptait 1854 récompenses de cegenre : 787 fusils, 429 sabres, i 5 i mousquetons, 241 grenades, etc.
Ces armes d’honneur ne furent, pour ainsi dire, qu’un essai de récom-penses; & de même que le Consulat avait été pour Bonaparte le marche-pied du trône impérial, ainsi les armes d’honneur préparent-elles lacréation de la Légion d’honneur (1).
Nos musées, entre autres celui de Nantes, renferment un certain nombred armes d’honneur données par la Reffauration, en souvenir des guerresde la Vendée, mais l’inftitution du Consulat ne fut cependant pas relevéeofficiellement.
(1) On doit à notre célèbre peintre Gros un tableau de Bonaparte diftribuant dessabres d’honneur , par lequel l’artifte préluda à la représentation des sujets modernesqui ont fait sa réputation : Pejîe de Jaffa , Bataille d’Eylau, etc.