282
HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
a rendus à l’État, cet officier était digne d’obtenir la décoration militaire, Sa Majeflé luiaccorde cette marque honorable de ses services, & l’autorise en conséquence à laporter. »
Parmi les chevaliers nommés d’après ces ordonnances, citons princi-palement les deux frères Dupont-Chaumont, l’un aide de camp du généralDillon, & l’autre colonel de chasseurs, qui avaient défendu leur générallorsque les soldats, furieux de l’échec qu’il venait d’éprouver dansune rencontre avec les Autrichiens, l’avaient massacré en l’accusant detrahison.
Comme nous l’avons vu, le projet de cet ordre n’a jamais été mis àexécution.
ARMES D’HONNEUR.
AN VIII.
l800.
Dès les premiers jours du Consulat, Bonaparte chercha un moyen des’attacher l’armée & de remplacer l’ardeur patriotique, éveillée devant lepéril de la France, par un zèle militaire qui fît, pour ainsi dire, partie de ladiscipline des camps. Il songea à un syftème de récompenses qui mettait,en quelque sorte, la bravoure à l’ordre du jour.
Un arrêté des consuls, du 4 nivôse an VIII (inséré au Moniteurdu 6 nivôse ), complétant l’article vm de la conffitution consulaire(25 décembre 1799), établit que des armes d’honneur devraient récom-penser les aéles de courage qui, d’ordinaire, consilfaient à enlever undrapeau, faire prisonnier un officier supérieur, marcher le premier à laprise d’un canon ou d’une redoute. On donnait :
Aux grenadiers & aux soldats, un fusil d’honneur dont la contre-platine& les capucines étaient d’argent ;
Aux tambours, des baguettes d’honneur garnies d’argent;
Aux trompettes, des trompettes d’honneur en argent;
Aux artilleurs, des grenades placées sur les parements d’habit.