ORDRE DU MÉRITE MILITAIRE.
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ORDRE DU MÉRITE MILITAIRE.
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Cette infiitution a longtemps été regardée comme un hommage rendu àla liberté de conscience & au progrès moderne; un examen plus sérieuxdes faits montre que, là pas plus qu’ailleurs, l’ancien régime n’eut la notionde la juftice & de l’équité.
Il fallait, comme on l’a vu, faire profession de la foi catholique pourêtre chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Le roi Louis XV, pour dédom-mager les officiers non catholiques, créa, en ' 1739, l’ordre du Méritemilitaire, pour lequel cette profession de foi n’était pas exigée. Mais, parsuite de la religion des titulaires, le roi ne prit pas la qualité de grandmaître de l’ordre.
Article premier (de l’édit du 10 mars 1739). « Sa Majefté crée, érige& inftitue, par la présente ordonnance, une marque extérieure de diftinc-tion, sous le titre de Mérite militaire , en faveur des officiers suisses& étrangers qui, faisant profession de la religion protefiante, ne peuventêtre admis dans l’ordre royal & militaire de Saint-Louis. »
On a vu dans cet article la réparation d’une injufte exclusion; mais ilsuffit d’examiner les circonftances dans lesquelles il se produisit pour leramener à sa jufte valeur, c’efi-à-dire à un expédient.
En 1759, on était au milieu de la guerre de Sept ans , où la France eutà compter plus de défaites que de viéfoires. La recrue des troupes étran-gères suisses & allemandes, proteftantcs en grande partie, devenait plusdifficile; les deux maréchaux Maurice de Saxe & Lowendal, protecteursnaturels des officiers & soldats proteftants, étaient morts, l’un en 1730,l’autre en 1733; devant la nécessité, on se souvint enfin de leurs inftantesdemandes en faveur des officiers & soldats de mérite, quelles que fussent
souper des rois détrônés & oubliant leur trône au milieu des plaisirs du carnaval àVenise.