HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
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Xaverius Matra.
Felici.
Pierre Giafferi.
Gralloud
Jean-Marie Jacobi.
Paetti.
Corroni.
Cuttoli.
Mattéi.
Peraldi.
Ambroisi.
Guagno.
I.azzellotti.
Battefli.
Jolis ces noms, on les rencontre dans cette lutte terrible de la nationa-lité corse contre la sérénissime république. Gênes, trop fière & trophautaine, eut le tort de ne pas comprendre ce que l’audace, la haine,l’amour-propre froissé & le courage peuvent faire contre les façonssuperbes & le dédain.
Un moment, cette lutte inquiéta la France; on dit qu’elle alla mêmejusqu’à troubler la politique pacifique de l’éminent cardinal Fleury. Con-sidérant la situation comme fort grave, il craignait que derrière lepersonnage fantaftique de Théodore ne se cachât quelque grand particomme l’Espagne ou la Hollande qui n’aurait secondé la Corse quepour obtenir une prépondérance commerciale dans une des plus bellessituations de la Méditerranée.
Pour en revenir à notre ordre de chevalerie, on peut le considérercomme le dernier reflet de l’ancienne imagination chevaleresque. 11 y ades obligations, dans les flatuts, qui ne sont plus du siècle; elles sont ridi-cules, exagérées, & présentent, en un mot, quelque chose d’aventureuxqui ne sied pas à l’époque de leur création.
L’ordre de la Délivrance dura tout autant que la royauté de Théodoreen Corse : gouvernement éphémère, qui ne laissa pas que d’être brillantpendant l’année de son règne.
Quant au pauvre aventurier Théodore, il mourut à Londres le2 décembre 1756, & on grava sur son tombeau ces quelques mots quirésument sa vie :
« Ci-gift un homme à qui la fortune avait donné un royaume & refusédu pain (1). »
(1) Rappelons enfin, à propos de cet aventurier, la mention célèbre que luiaccorde Voltaire dans son roman de Candide , en lui donnant place dans le fameux