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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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ORDRE DE LA DÉLIVRANCE.iqZ

maître, & donna aux membres de l'Ordre plusieurs prérogatives, dont lesCorses étaient dautant plus jaloux quon les en avait toujours privés.

Lhabit des nouveaux chevaliers devait être dun bleu célefte ; la croix,enchâssée dans une étoile émaillée dor, représentait la Juflice, accompa-gnée de figures emblématiques, & portait les armes de la maison royale (i).Elle était suspendue à un ruban vert.

En recevant lordre, le nouveau chevalier faisait le serment dusage &se mettait aux pieds du roi, qui lui disait : « Je vous fais chevalier du nobleOrdre de la Délivrance; vous devez souffrir de nous seuls que nous voustouchions trois fois avec lépée nue, & vous serez obéissant en touteschoses jusquà la mort (2). »

Les chevaliers étaient obligés, à lexemple des anciennes coutumes che-valeresques, « de porter lépée nue durant la messe & de la tenir hors dufourreau pendant que le prêtre faisait leéfure de lÉvangile. »

Tous les officiers que nous allons nommer portaient le titre de Cheva-liers de V Ordre de la Délivrance ; ils étaient attachés au parti de lindé-pendance corse, soit comme chefs dans larmée, soit comme commandantsde provinces (3). Ceft un document curieux quun des descendants dunchevalier de lordre a bien voulu nous communiquer. On y rencontre desnoms fort renommés & très-nobles.

Louis Giafferi.Hyacinthe Paoli (4).Luc dOrnano.Jean-Félix Panzoni.Durazzo.

Antoine Suzini dAulla.Dominic Tomasini.Ambroise Pulici.

Antoine Meari.

Jules Campocaire.

Antoine Puillicio.

Casabianca.

Sampieri.

Seravalle.

Ferrandi.

Susini.

( 1 ) De sable, à deux chaînons & deux demis, dargent posée en pal.

(2) Germanès, Hijîoire des révolutions de la Corse. 3 vol. in-12; 1772.

( 3 ) La Corse était alors divisée en vingt-cinq provinces.

(4) Ce Hyacinthe Paoli était le père de Pascal Paoli qui continua la guerre dindé-pendance contre Gênes (1755), comme général de larmée nationale; il déploya unetelle activité, que les Génois, désespérant de pouvoir ramener lîle sous leurs lois,labandonnèrent à la France par le traité de Gompiègne, en 1768. « Ceft en 1769,dit M. Duruy, que Napoléon y naquit jufte à temps pour naître Français. »

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