HISTOIRE LES ORDRES DE CHEVALERIE.
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défaut de descendants, se choisir un successeur dans sa famille, auxmêmes conditions (1). Les principales dispositions prises dans rassembléeportaient que le roi ne pourrait prendre aucune résolution soit en matièred’impôts ou de gabelles, soit au sujet de la paix ou de la guerre, sans leconsentement du conseil permanent ou diète de la nation; que les dignités,charges & emplois de l’État seraient exercés par les nationaux. Les autresarticles de cette conftitution portaient sur la confiscation des biens desGénois & la conservation des forêts nationales.
Le premier objet dont s’occupa le roi Théodore après le serment de laconftitution fut l’armée; il créa des régiments à l’exemple des Français, &donna aux chefs les titres de meftres de camp, capitaines & cadets. Puis,taisant une large part aux premières inclinations de son esprit chevale-resque, il réorganisa par un édit la noblesse.
Après la tenue d’une seconde consulte, Théodore se rendit dans le paysd’outre-monts, où l’appelaient les vœux du peuple. Ce fut dans.cette partiede l’île, où les souvenirs de noblesse étaient encore vivants, que, se con-formant à un article de la conftitution, il rendit un décret, daté de Sar-tène, le 16 septembre 1736, pour l’établissement d’un ordre de chevalerie,auquel il donna le nom de Ordre de la Délivrance (délia Liberazione) ouOrdre du roi Théodore. Cette appellation avait plus d’à-propos que dejuftesse, car la délivrance du pays était encore en queftion; mieux auraitvalu attendre que la lutte fût gagnée, que de faire d’un événement douteuxun sujet d’exergue pour une décoration. Cependant, même dans l’adoption decette mesure, par elle-même insignifiante, mais qui avait un autre caractèreà l’époque dont nous parlons, Théodore n’oublia pas les besoins de l’Etat,&, par un article des ftatuts, il déclara que chaque récipiendaire seraittenu de verser au Trésor, au moment même de son inveftiture, unesomme de près de six mille livres (2). Le roi Théodore se déclara grand
(1) Le roi Théodore fit frapper des monnfaies à son effigie; il y en avait d’or &d’argent. L’exergue représentait un bouclier entouré de lauriers & surmonté d’unecouronne avec cette inscription : T. R. (Theodorus Rex), & la devise : Pro bono publicoregni Corsicœ pour celles de cuivre, & Pro bono & libertate pour celles en or & enargent. ( Cabinet des médailles. Bibliothèque imp.)
(2) « Sara obligato ogni cavalière al suo ingresso di contare mille scudi , dai qualiriscuotera frinchè vive, il deci per cento. » (Chaque chevalier sera tenu à sa réceptionde verser mille scudi {le scudo valait à peu près six francs), dont il recevra sa viedurant la rente à dix pour cent.)