ORDRE DU CORDON JAUNE.
243
civils de l’hôpital général, à chaque inflant troublés dans la jouissance dela maison de Bicêtre, s’adressèrent au Parlement, qui, à plusieurs reprises,sévit par les peines les plus graves contre les invalides rebelles (1).
Mais sévir n’était pas répondre à de légitimes doléances; aussi, dès queles circonftances le permirent, sous hadminiftration intègre & patriotiquede Colbert, Louis XIV, en 1671, fit élever, sur les dessins de Mansard, letrop faftueux hôtel des Invalides.
L’abbé de Saint-Pierre (2) & tous les économises ont fait une jufte cri-tique de cette royale fondation; il en coûte trois cents livres par soldat pournourrir & entretenir les invalides à Paris; en donnant cent livres à chacund’eux dans leur village, ils se trouveraient beaucoup plus heureux, au seinde leur famille, dans laquelle ils répandraient ainsi quelque aisance, & aulieu de deux mille invalides, la nation, avec le meme fonds, en pourraitentretenir six mille.
Mais il fallait au grand roi toujours de grands palais !...
ORDRE DU CORDON JAUNE,
(1600.)
Cette inftitution ridicule, imaginée par un duc de Nevers, pouvait recevoirégalement catholiques & proteftants.
Ce fut le dernier ordre établi en France par un seigneur féodal. A partirdu dix-septième siècle, on ne voit plus que des ordres royaux.
En voici les ffatuts d’après Dambreville (3) :
« Les chevaliers étaient obligés de savoir le jeu de la Mourre (4). Leur
(1) Voir, en particulier : Arrêt du 18 avril i 65 j & du 20 août 1659 (Bibliothèquede l’Arsenal. — Recueil de pièces imprimées, n° 1675 bis; fonds Jurisprudence).
(2) Abbé de Saint-Pierre, Annales politiques (années 1670 & 1671).
( 3 ) Dambreville, Abrégé chronol. des ordres de Cher. Paris, 1807; in-8°.
(4) Ce jeu tient à une méthode de compter avec les doigts. Chacun des deux adversairescache une de ses mains fermée, soit dans son sein, soit derrière le dos. Ils se présententensuite réciproquement cette main avec beaucoup de vivacité, & avec un certainnombre de doigts levés, suivant qu’il plaît à chacun. En même temps, chacun doitaussi nommer un nombre, & celui-là gagne qui nomme le nombre des doigts levés