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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

équipage était un cheval gris, deux piftolets, deux fourreaux de cuir rouge.Sans cet équipage, il ne leur était pas permis de venir au chapitre. Il devaity avoir entre eux une si grande union, quelle sétendait jusquà la commu-nauté des biens; des fonds devaient être toujours prêts pour assifter toutchevalier qui se trouvait dans la peine ou pressé par la nécessité. Bien plus,ceux qui navaient point de chevaux pouvaient en aller prendre librementdans lécurie de leurs compagnons, même en leur absence, pourvu quilsleur en laissassent un. Si quelquun manquait dargent, il lui était permisden aller prendre chez un autre chevalier jusquà la concurrence de centécus, sans que celui-ci osât les redemander, ni même se fâcher, sous peine,pour la première fois, dune rude réprimande, &, en cas de récidive, dêtredégradé de lordre, si le général le jugeait à propos. Ils étaient encoreobligés dassiffer le général contre qui que ce fût, excepté le roi seulement.Ils devaient aussi se donner secours les uns aux autres, non-seulementcontre leurs meilleurs amis, mais même contre leurs frères 8c leurs pères, àmoins den être dispensés par ceux de lordre à qui ce pouvoir aurait étédonné. Enfin, tout ce qui se passait entre eux dans le chapitre 8c ailleursdevait être secret, & ne pouvait être révélé que du consentement de quatrechevaliers assemblés. Les insignes de lordre étaient un cordon jaune quele général passait au cou du récipiendaire, & une épée quil lui ceignait enlembrassant. »

Henri IV, trouvant cette inftitutïon absurde & de nature à devenir dan-gereuse, labolit en i6o(5 (i).

de sa main, joint au nombre des doigts levés de son adversaire. Si, par exemple, enlevant trois doigts, vous dites cinq, il faut que votre adversaire ait levé deux doigtspour que vous gagniez la mise. Sil dit cinq comme vous, le coup eft remis, & illeft encore lorsque ni lun ni lautre ne devine. Ce jeu va très-vite, & lon voit queles deux adversaires devinent & agissent à chaque coup. Mais il faut lavoir vu jouerpar le peuple qui en fait le plus dusage, par les Italiens, pour se faire une idée delagrément que lui donne, pour le spectateur, le jeu continuel & varié des physionomies& la vivacité de la pantomime.

(i) Voir, dans les Mémoires de Clérambault, deux lettres curieuses du roi à cesujet (20 novembre & i er décembre 1606b