242
HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
au bafhment de la Commanderiez & à rétablissement, subsiftance & policed’icelle, le tout suivant les règlements & ffatuts que nous en ferons dresser ;& ce fait, voulons & entendons que la direètion & surintendance généraleappartienne à notre très-cher & bien-aimé cousin le cardinal de Lyon,grand aumônier de France (Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, frèredu cardinal-miniftre), &, après lui, à ses successeurs en la dite charged’aumônier (1). »
Pour fournir aux dépenses de la Commanderie, on imposa toutes lesabbayes du royaume; les moindres prieurés, ceux même qui n’avaientque deux mille livres de revenu, durent payer aux receveurs particuliersdes décimes diocésains la somme de cent livres nécessaire à l’entretiend’un moine lai.
Malheureusement la France, moins de deux ans après, était jetée dans lagrande guerre de Trente ans contre la maison d’Autriche, guerre nécessaire& glorieuse, mais qui devait porter de rudes coups à nos finances & absorbertoute l’attention du miniftre; aussi, lorsqu’il mourut, la maison de Bicêtre,établissement de la Commanderie, n’était pas achevée; la suite de cetteguerre sous Mazarin, & les troubles de la Régence, si connus sous le nomde guerre de la Fronde , ne permirent pas d’exécuter l’excellent projet doroi & de son grand miniftre. Il y avait d’ailleurs de plus grands besoins; ilfallait remédier à la mendicité qui, à cette époque de détresse, avait orga-nisé des armées & s’était étendue sur le royaume entier. On songea doncavant tout aux mendiants civils, encore plus nombreux que les mendiantsmilitaires dans l’organisation de l’hôpital général, auquel on céda lamaison de Bicêtre ( 1656 & 1657).
Quant aux soldats eltropiés, 011 les envoya aux frontières & on les répartitdans les diverses forteresses, où l’on essaya d’utiliser leurs faibles services;nécessité à laquelle on était réduit par la diminution de la population &la pénurie générale du trésor. Mais ce déplacement qui ressemblait à unexil souleva une résilfance aussi vigoureuse qu’imprévue. Habitués, depuisla donation de Louis XIII, à regarder Bicêtre comme leur future retraite& leur légitime propriété, les soldats invalides menacèrent de reprendre parla force l’asile d’où on les rejetait, & qui leur était si bien dû. Les directeurs
( 1 ) Edit d'injiitution à Bicêtre d'un établissement pour l’entretien des soldatsinvalides. Saint-Germain en Laye; novembre 1 633.