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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

au bafhment de la Commanderiez & à rétablissement, subsiftance & policedicelle, le tout suivant les règlements & ffatuts que nous en ferons dresser ;& ce fait, voulons & entendons que la direètion & surintendance généraleappartienne à notre très-cher & bien-aimé cousin le cardinal de Lyon,grand aumônier de France (Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, frèredu cardinal-miniftre), &, après lui, à ses successeurs en la dite chargedaumônier (1). »

Pour fournir aux dépenses de la Commanderie, on imposa toutes lesabbayes du royaume; les moindres prieurés, ceux même qui navaientque deux mille livres de revenu, durent payer aux receveurs particuliersdes décimes diocésains la somme de cent livres nécessaire à lentretiendun moine lai.

Malheureusement la France, moins de deux ans après, était jetée dans lagrande guerre de Trente ans contre la maison dAutriche, guerre nécessaire& glorieuse, mais qui devait porter de rudes coups à nos finances & absorbertoute lattention du miniftre; aussi, lorsquil mourut, la maison de Bicêtre,établissement de la Commanderie, nétait pas achevée; la suite de cetteguerre sous Mazarin, & les troubles de la Régence, si connus sous le nomde guerre de la Fronde , ne permirent pas dexécuter lexcellent projet doroi & de son grand miniftre. Il y avait dailleurs de plus grands besoins; ilfallait remédier à la mendicité qui, à cette époque de détresse, avait orga-nisé des armées & sétait étendue sur le royaume entier. On songea doncavant tout aux mendiants civils, encore plus nombreux que les mendiantsmilitaires dans lorganisation de lhôpital général, auquel on céda lamaison de Bicêtre ( 1656 & 1657).

Quant aux soldats eltropiés, 011 les envoya aux frontières & on les répartitdans les diverses forteresses, lon essaya dutiliser leurs faibles services;nécessité à laquelle on était réduit par la diminution de la population &la pénurie générale du trésor. Mais ce déplacement qui ressemblait à unexil souleva une résilfance aussi vigoureuse quimprévue. Habitués, depuisla donation de Louis XIII, à regarder Bicêtre comme leur future retraite& leur légitime propriété, les soldats invalides menacèrent de reprendre parla force lasile d on les rejetait, & qui leur était si bien. Les directeurs

( 1 ) Edit d'injiitution à Bicêtre d'un établissement pour lentretien des soldatsinvalides. Saint-Germain en Laye; novembre 1 633.