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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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ORDRE MILITAIRE DE LA CHARITÉ CHRÉTIENNE.

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régularisa rétablissement de son prédécesseur, la Maison royale de laCharité chrétienne, située dans le faubourg Saint-Marcel, fondée des deniersprovenant des reliquats de compte des hôpitaux & aumôneries, & des pen-sions affectées aux moines lais. La surintendance en fut confiée au conné-table. Deux ans après, Henri IV fit encore bâtir lhôpital Saint-Louis, dont1 Hôtel-Dieu prit la charge moyennant une concession sur les gabelles de lagénéralité de Paris (1).

Comme lhôpital Saint-Marcel ne jouissait daucun revenu fixe, lamélio-ration ne tut guère sérieuse ou du moins de longue durée. Aux états générauxde 1614, les plaintes recommencent: elles sont présentées par le marquisdUrfé au nom de la noblesse, & par le prévôt des marchands Robert Mironau nom du tiers état. On demande que chaque maison abbatiale & conven-tuelle soit tenue de fournir aux moines laiz jusques à la concurrence de laportion dun autre religieux pour leur entretien, qui ne pourra être moindrede 100 livres, cest-à-dire 457 francs de nos jours. Le code de MichelMarillac ou code Michau, ordonné par Richelieu, confirme la demande dutiers 8: accorde 100 livres pour la pension des moines lais.

Mais il y a loin de lordonnance sur papier à lexécution, surtout sousl'ancienne monarchie; circonftance quont trop oubliée certains hilforiens« laudatores temporis aéli. »

Aussi Louis XIII, dit le Jufte, résolut détablir une Communauté en ordrede chevalerie sous le nom de Commanderie de Saint-Louis , 8c dy admettretous les soldats blessés ou infirmes. La maison de Bicètre fut dabord des-tinée pour cet asile. « Attendu, disait le roi, quen la conduite de nos arméesle cardinal duc de Richelieu a eu une particulière connaissance des gens deguerre qui ont mérité, en nous servant; nous avons efiimé que nous nepouvions jeter les yeux sur une personne plus digne & plus capable que lui,pour parvenir à lexécution de notre dessein en cette occasion; ce qui luisera dautant plus facile durant la paix, que nous lavons vu, dans lesgrandes peines & fatigues de la guerre, 8c dans la direction générale de nosaffaires, avoir soin des moindres choses de la police des armes. Nous lavonsdonc, par ces présentes, député 8c nommé pour être par son ordre pourvu

(1) Voir : Édit pour la subsijiance, nourriture & entretien des pauvres gentils-hommes, capitaines & soldats ejtropic p vieux & caducs. Paris, juin, 1606.

Delamare, Traité de la Police. Liv. IV, tit. II, ch. 11.

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