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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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24O HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

sans droit ni équité, & inftaller en leur lieu les pauvres soldats eflropiez &impotens » (1).

Les faux oblats & les abbés intéressés dans ces abus, aidés de jugesiniques & lâches, résidèrent, comme le prouve une ordonnance de février1585 : « Comme néanmoins nos dites lettres (du 4 mars 078) ne leur apportent(aux pauvres soldats) aucune commodité, & nont, par le moyen dicelles,peu jouir des dites places de moines laiz, tant par la connivence de nosdits juges ordinaires quau moyen des innumérables procez qui interviennentde jour à autre entre eux & ceux qui sont pourveus, neftant de la dite qua-lité, lesquels 11ont moyen de poursuivre ne faire vuider, tellement qu'ilssont contraints quitter & abandonner les dites places, & nous importunerjournellement pour avoir des récompenses & moyens de vivre.

« A quoy désirant pourvoir, avons, par noflre présent édiéf perpétuel 8:irrévocable, inhibé & défendu, inhibons & défendons à toutes personnes dequelque qualité & condition quils soient, de tenir & eux immiscer en lajouissance dicelles places de religieux laiz, fors toutes fois que les ditssoldats etfropiez & impotens de leurs membres, vieux & caducs, etc... »

La suite de cet édit montre que ces places de moines lais donnaient lieuà un trafic, assez semblable à celui des o ffices (2), 8: la même personnese faisait pourvoir de plusieurs titres à la fois, afin détendre les profits decette singulière 8i coupable induftrie.

Henri III était trop méprisé pour être obéi sur un simple édit; lannéesuivante (27 mars 1586), il ordonna durgence une enquête sévère & géné-rale sur létat de toutes les abbayes du royaume. Cette mesure était dautantplus nécessaire & jufte pour les pauvres soldats mutilés que lenrôlementnétait pas volontaire, mais se faisait dordinaire par voie de la presse(ceff-à-dire par force) ou par raccolement; que la solde, objet des malver-sations les plus ordinaires & les plus exécrables, leur avait été rarementpayée, & que la barbarie de la discipline militaire était peu propre à faireaimer le métier des armes (3).

Henri IV devait trop à son armée pour ne pas songer à ses soldats; il

(1) Édit de Henri III dn 4 mars i5yS. Fontanon, Édits & ordonnancesdes roys de France depuis Louis VI, T. IV, p. 946.

(2) Voir Ordre du Saint-Esprit.

( 3 ) Voir les Mémoires de Sully sur létat de linfanterie. Tome II, p. 385 .Londres, 1747; in-4 0 .