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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

dont la seule pensée me donne de l'horreur : si par quelque service onpouvait suppléer à cet empêchement, jentreprendrais tout ce qui peut sefaire, & les efforts que je ferais feraient voir combien jehime l'honneur quimell offert, & combien la vie meh peu considérable, en comparaison deme rendre digne des grâces dont il plaît à V. M. dhonorer la personne quieh avec le plus de reconnaissance, de fidélité & de zèle, etc.... (i). »

Il eh impossible décrire une lettre plus digne que cette épître deFabert. La réponse du roi neh pas moins honorable pour la mémoire deLouis XIV.

« Paris, 29 décembre 1661.

« Mon Cousin,

« Je ne saurais dire si ceh avec plus dehime, ou bien avec plus deplaisir que jai vu par votre lettre du 11 de ce mois lexclusion que vousvous donnez vous-même pour le Cordon bleu, dont javais résolu de voushonorer. Ce rare exemple de probité me paraît si admirable, que je vousavoue que je le regarde comme un ornement de mon règne. Mais jai unregret extrême de voir quun homme qui, par sa valeur & par sa fidélité, ehparvenu si dignement aux premières charges de ma couronne, se privelui-même de cette nouvelle marque dhonneur par un obhacle qui me lieles mains. Ne pouvant faire davantage pour rendre juhice à votre vertu,je vous assurerai au moins par ces lignes que jamais il ny aurait dispenseaccordée avec plus de joie que celle que je vous enverrais de mon propremouvement, si je le pouvais sans renverser le fondement de mes ordres; &que ceux à qui jen vois dihribuer le collier ne sauraient jamais en recevoir

(1) En 1705, un autre maréchal plébéien, Catinat, refusait également lordre duSaint-Esprit, pour ne pas être obligé de renier ses aïeux. Il répondait spirituellementà ceux de ses parents qui murmuraient de sa modeftie dans cette occasion : « Effacez-moi de votre généalogie, si vous voulez! »Ces deux faits font bien ressortir labusde ces ftatuts, qui naccordaient quà la noblesse les insignes dus au mérite, insignesque ne purent obtenir Corneille, Molière, Racine, Boileau, Lebrun, & tant dautresauxquels on naccordait que des pensions en échange de lilluftration quils répandaientsur le règne & sur le pays, tandis que le bâtard de Louis XIV, le comte de Toulouse,recevait le cordon bleu à quatorze ans !