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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
n’ayant encore rien pu reftituer de ces 400,000 livres, s’engageait, le11 décembre 1656, à payer 20,000 livres par an pour l’intérêt de ces prêts,sur la recette générale de Paris, jusqu’à l’entier remboursement de lasomme avancée par l’ordre du Saint-Esprit.
Henri IV fit six promotions; dans l’une d’elles, Claude Cruel, seigneurde la Frette, recevant le collier, disait au roi d’après la formule : « Domine ,non sum dignus. » Le fin Béarnais, se mettant à sourire, répondit : « Je lesais bien, je le sais bien; mais mon cousin le comte de Soissons m’ena prié. »
Louis XIII fit seulement deux promotions, de cinquante-trois & desoixante membres. La dernière eut lieu en 1633 ; celle du 3i décembre 1619,où se trouvaient compris Albert de Luynes & ses deux frères, Brantes &Cadenet, donna naissance à une foule de pièces satiriques, recueilliesdans un volume très-rare aujourd’hui & portant pour titre : Recueil mémo-rable de tout ce qui s’eft fait & passé depuis la réception des chevaliers del'ordre du Saint-Esprit en l’année 1620 (1).
Louis XIV fit deux promotions aussi, de soixante-trois chevaliers,le 3i décembre 1661 (2), & de soixante-dix le 24 novembre 1663. On litdans les Mémoires de Louis XIVpour Vinjlruction du Dauphin, p. 544,tome 2 e (édition de Ch. Dreyss) : « J’aurois souhaité de pouvoir encoreélever plus de gens à cet honneur, ne trouvant pas de joie plus pure pourun prince que celle d’obliger sensiblement plusieurs personnes de qualitédont il efi satisfait, sans charger pas un de ses moindres sujets. Nullerécompense ne coûte moins à mon peuple, & nulle ne touche plus lescœurs bien faits que ces diftinêfions, qui sont presque le premier motif detoutes les aétions humaines, mais surtout des plus nobles & des plusgrandes; c’eft d’ailleurs un des plus visibles effets de notre puissance que
(1) Paris, 1620; in-8°.
(2) « Une gravure que nous avons vue au Cabinet des EJiampes de la Bibliothèqueimpériale explique ce long intervalle de 16 33 à 1661 sans aucune promotion :Mazarin, au milieu des difficultés de son adminiflration & de la guerre civile de laFronde, avait multiplié les promesses de cordons bleus à tel point qu’il lui était impossiblede les tenir toutes ; lorsque le calme tut rétabli, craignant de faire des mécontents enaccordant aux uns & en faisant attendre les autres, le miniftre tout-puissant prit le partide ne faire aucune nomination. Louis XIV, lorsqu’il prit les rênes de l’État, dut doncfaire de considérables élections pour remplir les nombreux vides qui s’étaient faits envingt-sept années. » A. Feillet, La Misère au temps de la Fronde.