Druckschrift 
Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
Entstehung
Seite
225
Einzelbild herunterladen
 

ORDRE DU SAINT-ESPRIT.

225

velours vert, bordé de flambes, comme ceux des dits officiers. Le dit hérautportera la dite croix de lordre, avec son émail, pendue au col, ainsi quedit elf. Et lhuissier une croix de lordre, mais plus petite que celle desautres officiers... »

Le collier de lordre était fait de chiffres du roi, séparés les uns desautres par des fleurs de lis d' sortaient des langues de feu; la croix étaitsuspendue au collier. Il devait être du poids de deux cents écus environ& ne pouvait jamais être orné de pierreries. A la mort dun chevalier, ilretournait à la trésorerie de lordre.

Au dix-huitième siècle, il ny avait que les cardinaux, prélats & officiersde lordre, qui portassent la croix pendue au cou par un ruban bleu, largede quatre doigts; toüs les chevaliers la portaient attachée à un ruban bleucélefte moiré, en écharpe depuis lépaule droite jusquà lépée.

La croix était dor émaillée de blanc, chaque rayon pommeté dor, unefleur de lis dor dans chacun des angles de la croix, 8c dans le milieu, duncôté une colombe 8c de lautre un saint Michel. Les cardinaux 8c prélatsportaient seulement la colombe des deux côtés, nétant que commandeursde lordre du Saint-Esprit. Toutes les expéditions 8c provisions concernantlordreétaient scellées en cire blanche par le chancelier.

Le nombre des chevaliers, après avoir varié, fut fixé à,cent; les trenteplus anciens jouissaient dune pension de six mille livres 8c les autres detrois mille. Le roi avait compté annexer aux brevets des chevaliers de sonordre, outre des exemptions 8c des privilèges considérables, de richescommanderies établies aux dépens des grandes abbayes de France; mais lepape, mécontent de la paix de Bergerac, trop favorable aux proteffants, neconsentit pas à cette nouvelle aliénation des biens de l'Église, 8c Henri futobligé dy renoncer; aussi cet ordre nobtint pas tous les résultats que lerusé fils de Catherine de Médicis sen était promis.

Lordre nen avait pas moins des biens considérables; on le voit mêmefaire à la couronne un prêt de 200,000 livres en 1 636, la fameuse annéede linvasion de Corbie par les Espagnols 8c de Saint-Jean-de-Losne enBourgogne par les Impériaux, 8c de 200,000 livres en i65o, à lépoquede cette grande détresse qui précède 8c aggrave encore les malheurs dela Fronde, détresse si fortement retracée par M. Feillet ( 1 ). Louis XIV,

(1) A. Feillet, La M itère au temps de la Fronde. Paris, 2 e édit.; 1864, in-8 u .