ORDRE DU SAINT-ESPRIT.
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velours vert, bordé de flambes, comme ceux des dits officiers. Le dit hérautportera la dite croix de l’ordre, avec son émail, pendue au col, ainsi quedit elf. Et l’huissier une croix de l’ordre, mais plus petite que celle desautres officiers... »
Le collier de l’ordre était fait de chiffres du roi, séparés les uns desautres par des fleurs de lis d'où sortaient des langues de feu; la croix étaitsuspendue au collier. Il devait être du poids de deux cents écus environ& ne pouvait jamais être orné de pierreries. A la mort d’un chevalier, ilretournait à la trésorerie de l’ordre.
Au dix-huitième siècle, il n’y avait que les cardinaux, prélats & officiersde l’ordre, qui portassent la croix pendue au cou par un ruban bleu, largede quatre doigts; toüs les chevaliers la portaient attachée à un ruban bleucélefte moiré, en écharpe depuis l’épaule droite jusqu’à l’épée.
La croix était d’or émaillée de blanc, chaque rayon pommeté d’or, unefleur de lis d’or dans chacun des angles de la croix, 8c dans le milieu, d’uncôté une colombe 8c de l’autre un saint Michel. Les cardinaux 8c prélatsportaient seulement la colombe des deux côtés, n’étant que commandeursde l’ordre du Saint-Esprit. Toutes les expéditions 8c provisions concernantl’ordre‘étaient scellées en cire blanche par le chancelier.
Le nombre des chevaliers, après avoir varié, fut fixé à,cent; les trenteplus anciens jouissaient d’une pension de six mille livres 8c les autres detrois mille. Le roi avait compté annexer aux brevets des chevaliers de sonordre, outre des exemptions 8c des privilèges considérables, de richescommanderies établies aux dépens des grandes abbayes de France; mais lepape, mécontent de la paix de Bergerac, trop favorable aux proteffants, neconsentit pas à cette nouvelle aliénation des biens de l'Église, 8c Henri futobligé d’y renoncer; aussi cet ordre n’obtint pas tous les résultats que lerusé fils de Catherine de Médicis s’en était promis.
L’ordre n’en avait pas moins des biens considérables; on le voit mêmefaire à la couronne un prêt de 200,000 livres en 1 636, la fameuse annéede l’invasion de Corbie par les Espagnols 8c de Saint-Jean-de-Losne enBourgogne par les Impériaux, 8c de 200,000 livres en i65o, à l’époquede cette grande détresse qui précède 8c aggrave encore les malheurs dela Fronde, détresse si fortement retracée par M. Feillet ( 1 ). Louis XIV,
(1) A. Feillet, La M itère au temps de la Fronde. Paris, 2 e édit.; 1864, in-8 u .