ORDRE DU SATNT-ESPRIT.
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de le brûler afin de cacher son plagiat. Le garde des sceaux de Chiverni leconserva secrètement.
Le roi était grand maître né; toutes les nominations étaient entre sesmains; il devait seulement exiger de ceux qu’il désignait trois conditionsindispensables, à savoir : des preuves de noblesse, Tordre de Saint-Michel8c la qualité de bon catholique. On éluda souvent la première, au moinsen ce qui concerne la vraie noblesse 8c les services rendus. Henri III lui-même donna l’exemple des choix faciles. C'eft ainsi, par exemple, que,voyant passer d’une fenêtre de la rue Saint-Denis la pompe funèbre de sonfrère le duc d’Anjou, il fut choqué de voir les seigneurs de la Rochepot, dela Ferté-Imbault 8c Daurilly, simples gentilshommes, accompagner l’effigiede son frère sans porter le collier de Tordre, 8c il le leur donna le soir iflêmepour le mettre sur leurs robes de deuil. Peut-être laut-il voir dans cetteboutade une petite vengeance pofthume contre son frère, qui avait refusécet ordre; le procédé irait assez bien avec le caractère sceptique 8c railleurdu roi des Mignons.
« Henri III, en créant Tordre, y adjoignit huit prélats 8c un nombreindéterminé de chevaliers non régnicoles. Il y attacha, en outre, cinqcharges deftinées à la décoration des minijlrcs, 8c qui ify étaient pasd’abord comprises; mais la similitude des insignes, les intrigues des titu-laires de grands offices, l’habitude enfin, amenèrent une sorte de confusionentre les chevaliers 8c les dignitaires. Dans la Jarretière , la Toison 8c mêmeY Éléphant, aucun des officiers ne portait la marque de Tordre, tandis queceux du Saint-Esprit eurent, par leur inftitution, les mêmes marques surleur personne, hors les jours de cérémonie, que les chevaliers. De plus, ily avait de petits officiers, tels que le héraut, l’huissier, etc., qui portaient àla boutonnière une petite croix du Saint-Esprit, attachée d'un petit rubanbleu célefte. Les empiétements des grands officiers sur les titres 8c privi-lèges des chevaliers furent d’autant plus aisés, qu’excepté les magiftrats,tout le monde était alors en pourpoint 8c en manteau, dont la couleur 8c lasimplicité seules diffinguaient les gens, 8c que le cordon bleu se portait aucou. Toutefois, les jours de cérémonie, trois au moins des grands officiersse diffinguaient des chevaliers par la différence de leurs grands manteaux.Celui du chancelier eff en tout 8c partout semblable à celui des chevaliers;le prévôt 8c grand maître des cérémonies n’a point de collier brodé autourdu sien, ni de son mantelet; ceux du grand trésorier 8c du greffier ont lesflammes de la broderie considérablement plus clair-semées 8c un peu moins