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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Honoré de Sainte-Marie (i) fait remarquer que Henri III était néle 18 septembre i556, & qu’il n’a pu, par conséquent, inflituer l’ordre duSaint-Esprit, parce qu’il serait né un jour de Pentecôte. De mauvais diftiqueslatins, qu’on lisait dans le chœur de l’église des Cordeliers de Paris, avaientconsacré cette tradition erronée. Les voici :
Hocce die, quo almus cœlo descendit ab altoSpiritus, infiammans peétora apoftolica,
Enricus Franco ter maximus ortus in orbe eft;
Eleétus populi rex quoque Sarmatici ;
Et rex Francorum Carlo successit amori :
Ipse amor, & Franci deliciæ populi.
Il eft impossible d’entasser plus de sottises & de mensonges hiltoriquesdans des vers plus plats & plus barbares.
L’ordre fut fondé au mois de décembre de l’an 1578, & la premièrecérémonie publique où il parut eut lieu le jeudi i er janvier 1279, ou, selond’autres, le mercredi 3i décembre 1578. Il avait pour devise : Duce& auspicc. Les cérémonies de l’ordre avaient lieu dans l’église des Augus-tins de Paris.
Quelques auteurs n’ont vu dans l’inftitution de Henri III qu’une réminis-cence, ou même une copie de Vordre du Saint-Esprit au droit désir ou duNœud, établi à Naples en 1352 par Louis 1 er , dont le dernier Valois auraitreçu les ûatuts manuscrits en passant à Venise pour venir, en 1574,prendre possession de la couronne de France. Le R. P. Hélyot (2), d’aprèsun examen superficiel des flatuts des deux ordres, a cru devoir rejeter cetteconjecture. Cependant, malgré quelques différences essentielles, nées descirconllances diverses 8: des temps éloignés où les deux ordres parurent,on ne peut douter avec MM. Champollion (3) que le second n’ait étéinspiré par le premier.
Les ftatuts de l’ordre « du Saint-Esprit au droit désir » exiftent encoreà la Bibliothèque impériale (4). C’eft un des plus beaux manuscrits enminiature du moyen âge. Henri III, par une ridicule vanité, avait ordonné
(1) R. P. H. de Sainte-Marie, Dissertations sur la Chevalerie. Paris, 1718; in-q".
(2) R. P. Hélyot, Hiji. de tous les ordres.
( 3 ) Voir la note p. 110, Journal de l'EJloile, édit, de MM. Champollion.
(4) Fonds la Vallière, n u 36 bis.