ORDRE DU SAINT-ESPRIT.
219
entièrement au roi grand maître, la grande maîtrise étant indissolublementunie à la couronne. Les rois prêteront le serment comme grands maîtres àleur sacre. Les chevaliers ne doivent prendre pension, gages ni états d’aucunautre prince que du roi, ne pas sortir du royaume sans sa permission, luirévéler tout ce qui importe à son service. Tous les chevaliers doiventcommunier le premier jour de l’an & le jour de la Pentecôte, fêtes princi-pales de l’ordre. Les chevaliers seront passibles de dégradation pour caused’hérésie, sacrilège, trahison & fuite de bataille. Les débats seront jugéspar le roi, de l’avis des frères commandeurs (1). »
On le voit, Henri ne laissait pas la moindre prise aux catholiquesligueurs.
D’un autre côté, on lit dans Le Laboureur (2) : « Le vert naissant, lejaune' doré, le bleu & le blanc, étaient les couleurs de la maîtresse deHenri III (sa sœur Marguerite de Valois). Les doubles M qu’il ht mettre aucollier désignaient son nom, & les deux lettres grecques qu’on appelledelta, entrelacées ensemble, qui, dans la rencontre du cercle, formaient unphi grec pour signifier fidelta, devaient servir d’assurance de cette fidélitéqu’il lui avait jurée, & qu’il ne garda pas longtemps; les H qui furent ajou-tées au chiffre des doubles M marquaient le nom du roi, & les fleurs de lisdans les flammes représentaient le feu de son amour. »
Tout cela paraît assez vraisemblable pour qui connaît Henri III ; cepen-dant il ne faut voir là que des conjectures.
En 1597, les chiffres furent changés dans les grands colliers en trophéesd’armes. On comprend en effet que Henri IV ait supporté difficilement quel’initiale de Marguerite, sa femme, figurât de cette façon dans le collier deses ordres.
A la même époque, Henri, prenant ses précautions, déclarait que lesbâtards des rois, légitimés & reconnus, pourraient seuls être admis dans
l’ordre. C’eft encore Henri IV qui, par déclaration du 12 octobre 1601 &
«
du 22 avril 1607, donna la croix & le cordon bleu aux Enfants de Francedès le moment de leur naissance ; cette déclaration ht loi pour l’avenirUne autre déclaration du 3i décembre 1607 admettait dans l’ordre les rois& les princes souverains étrangers, contrairement aux flatuts primitifs(article 8).
(]) Lambert, Ordonnances des rois de France. Statuts de l’ordre, t. xiv, p. 35o.( 2 ) Le Laboureur, Mémoires de Cajtelnau.