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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
les armes pour sa défense; mais si c’eft ce prince qui déclare la guerre àla France, le chevalier, son sujet, doit s'excuser de servir contre la France;8c, si son prince ne veut pas recevoir son excuse, 8c le contraint de servir,pour lors il peut prendre les armes contre la France, mais il doit en donneravis au chef de l’ordre & avertir son souverain que, s’il fait prisonnier deguerre un chevalier de cet ordre, son confrère, il lui donnera la liberté,8c fera son possible pour lui sauver la vie; que, si son prince n’y veut pasconsentir, il quittera le service. Le roi, de son côté, s’engage envers leschevaliers à les protéger & les maintenir dans leurs droits 8c privilèges,à n’entreprendre aucune guerre ni affaire de conséquence sans les avoirauparavant consultés & pris leur avis, excepté dans le cas où les affairesdemandent beaucoup de secret & une prompte exécution (i). Les cheva-liers promettent 8c jurent de ne point révéler les entreprises du souverainqui auraient été mises en délibération devant eux...
« La veille de la fête de saint Michel, tous les chevaliers de l’ordre, étantau lieu de l’assemblée, devaient se présenter devant le souverain en sonpalais, avant les vêpres, 8c aller ensemble à l’église, revêtus de manteauxde damas blanc traînant à terre, bordés d’or, avec des coquilles 8c lacsd’amour en broderie, et fourrés d’hermine, la tête touverte d’un chaperonde velours cramoisi. Le lendemain, ils retournaient à l’église pour entendrela messe; à l’offertoire, ils offraient une pièce d’or, chacun selon sa dévo-tion; 8c, après l’office, ils allaient dîner avec le roi. Le même jour, ilsallaient encore à l’église pour les vêpres; mais ils étaient vêtus de man-teaux noirs avec des chaperons de même couleur, excepté le roi, qui avaitun manteau violet. Ils assiffaient aux vigiles des morts, 8c le lendemain àla messe, à l’offertoire de laquelle chaque chevalier offrait un cierge d’unelivre où ses armes étaient attachées. Le jour suivant, ils retournaientencore à l’église pour entendre la messe que l’on chantait en l’honneur dela sainte Vierge, mais ils étaient habillés comme bon leur semblait...
« Henri II, étant parvenu à la couronne de France, ordonna, dans lepremier chapitre de l’ordre de Saint-Michel, qu’il tint à Lyon, où il fit sonentrée en 1548 , que les chevaliers de cet ordre porteraient à l’avenir lemanteau en toile d argent brodé alentour de la devise, savoir : trois
(1) On comprend que cette exception devint laLouis XL
règle pour les rois, & surtout pour