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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
gence complète de leurs buts,, ils étaient faits pour se haïr & se combattreà outrance. Tous deux juftifièrent le proverbe que le fabulifte formula plustard ainsi :
Patience & longueur de tempsFont plus que force ni que rage.
Ce n’est pas que Louis XI dédaignât la violence ; mais il en était sobre,& savait surtout l’employer à propos.
D’un autre côté, bien qu’il fût excessivement simple & trivial même danssa personne & dans sa vie, il avait recours au faite & à la pompe quand illes jugeait utiles à ses desseins.
La maison de Bourgogne avait la Toison d’or, & cet ordre brillait déjàd’un vif éclat. La maison de France n’avait que l’ordre de l’Étoile tombé endésuétude & voué au mépris.
D’ailleurs la Ligue du bien public avait montré au roi avec quelle facilitésa noblesse prenait les armes contre lui; il chercha donc à la retenir parun serment chevaleresque de fidélité, ou du moins il voulut être à même dela punir plus tard de sa défection lorsqu’elle serait à sa merci. Au lende-main du honteux traité de Péronne, c’était en quelque sorte se relever &égaler son adversaire. Pensant par ce moyen affermir la fidélité chancelantede plusieurs seigneurs & acheter les vanités qui sont toujours à vendre,Louis fonda l’ordre de Saint-Michel dans un but tout politique, celuid’obliger les grands seigneurs & les princes auxquels il le conférait à nejamais porter les armes contre lui & ne contracter aucune alliance avec sesennemis (articles IV & XIII des ftatuts).
Les contemporains ne s’y laissèrent pas tromper; le collier de l’ordreayant été envoyé au duc de Bretagne, ce prince, avant d’accepter, demandad’abord à connaître les ftatuts. Après les avoir lus & avec la connaissancequ'il avait du caraétère du grand maître, il refusa le périlleux honneur qu’onlui offrait, tandis qu’à la même époque il n’hésitait pas à accepter l’ordre dela Toison d’or.
Si Louis éprouvait ce déplaisir de la part du duc de Bretagne, il voyaitavec joie sa création politique réussir : Charles de Bourgogne, irrité de laréconciliation du duc de Guyenne avec le roi de France son frère, lui offrit1 ordre de la Toison d or avec la main de sa fille. Le duc remercia le Bour-guignon, ne donna aucune réponse précise pour le mariage avec « made-