ORDRE DE SAINT-MICHEL.
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abbé (abbat) & devait présider aux cérémonies & aux jeux de MM. dela Tarasqne ou les Tarascaires, comme on les appelait.
Les chevaliers se réunissaient le jour de la Pentecôte (i), assiffaient auxvêpresj & diftribuaient des cocardes rouges aux personnes de leur connais-sance, à celles qu’ils voulaient honorer. Le lendemain, ils entendaient lamesse avec le grand coftume de l’ordre, qui était ainsi composé : culotterose, en toile de serge, gilet en batiffe blanche à manches garnies de den-telles, bas de soie blancs, souliers de même avec talons & bouffettesrouges, toque de velours noire à plumes blanches & cocarde rouge. — Ladécoration suspendue en sautoir à un large ruban rouge était d’argent oude plomb représentant l’effigie du monftre.
Les fêtes qui suivaient la messe & les cérémonies ne peuvent, sous aucunrapport, faire partie du domaine de la Chevalerie; c’étaient de ces amuse-ments bizarres que le roi René imaginait avec tant d’ingéniosité (2).
ORDRE DE SAINT-MICHEL.
(1469.)
Nous avons vu commencer au treizième siècle & surtout au quatorzièmele grand mouvement qui diminua considérablement la puissance de laféodalité & finit par la ruiner tout à fait & la mettre au pied de la royautéau dix-septième siècle.
Louis XI, on le sait, fut un des plus habiles & des plus énergiquesouvriers de cette œuvre, & il eut précisément pour antagonifte le derniergrand champion de la féodalité, Charles le Téméraire. .
Nous ne referons pas entre les deux ennemis un parallèle que tout lemonde a fait. Par la dissemblance profonde de leurs caractères & la diver-
(1) Beaucoup de fêtes chevaleresques données par le roi René avaient lieu le jour dela Pentecôte. Nous avons vu que ce jour avait été choisi pour les réunions de Yordredu Croissant.
(2) On peut consulter pour les détails de ces fêtes curieuses le très-remarquableouvrage de M. le'comte de Quatrebarbes, Œuvres complètes du roi René (Angers,1846; 4 vol. in-4°).