HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
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indigne & toute politique du pontife, qui croyait ainsi délier du serment leschevaliers napolitains, indécis encore s’ils embrasseraient le parti de Ferdi-nand d’Aragon, que le pape protégeait de tout son pouvoir contre celui deJean d’Anjou, qui, après la mort de René, devait être élu roi de Naples.
Quoique l’ordre du Croissant ait été aboli, le roi René continua d’enporter les insignes jusqu’à sa mort. « Il semblait avoir pris pour guidecomme pour devise le besoin de renommée, ou ce loi en croissant, qu’onvit briller sur sa poitrine jusqu’au dernier jour de sa vie (1). » Renécontinua toujours de faire célébrer secrètement la fête & la messe del’ordre avec les chevaliers qui lui étaient reftés fidèles, à la chapelle qu’ilavait fait conftruire dans la cathédrale d’Angers. Il laissa même par sonteffament une somme pour assurer la durée de cette pieuse fondation.« Le dit seigneur (René) laisse & donne à la dite église (cathédrale d’An-gers) la somme de cent livres tournois de rente annuelle & perpétuelle,pour dire & célébrer à jamais perpétuellement une messe basse à l’autelde monsieur sainét Maurice, dernièrement conftruite, & édifiée en la croiséede la dite église à main droite, & pour fournir de luminaire, veflement& sonnerie à l’heure qu’elle a accoutumé eftre sonnée & diète, appelée lamesse de l’ordre du Croissant. Pour laquelle rente eftre achetée par ledoyen & chapitre, le dict seigneur veut & ordonne leur eftre payé pour unefois la somme de trois mille livres (2). »
Que relie-t-il aujourd’hui de l’ordre du Croissant? A peine un souvenirhiftorique, une légende {Loi en Croissant) incruftée dans la pierre sur lepiédeftal de la ftatue du bon roi René à Aix !... (3).
( 1 ) De Villeneuve-Bargemont, Hijioire de René d'Anjou, t. II.
( 2 ) Dom Calmet, Hijioire de Lorraine. Tejiament de René d'Anjou.
(3) MM. de Genouillac & de Piolenc ont donné la lifte des chevaliers de l’ordredans leur ouvrage : Nobiliaire du département des Bouches-du-Rhône, 1 863.