ORDRE DU CROISSANT.
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avait été pris par les ennemis sur un champ de bataille; ils payaient sarançon, & ses enfants étaient élevés aux frais de l’ordre.
Montfaucon (i) nous a donné la reproduction d’un dessin qui représenteune de ces' assemblées. La salle où sont réunis les chevaliers eft plus longueque large; de grandes fenêtres ogivales l’éclairent, & une vaffe porte vitrée,au-dessus de laquelle se trouve la ftatue de saint Maurice, en occupe lefond. Le long des murailles, tendues de draperies, sont disposés des bancsoù sont assis les vingt-cinq chevaliers. Le sénateur elt au milieu d’eux surun siège plus élevé, qui lui permet de dominer l’assemblée; près de lui setiennent le chevalier & le héraut d’armes. Les deux poursuivants, la lanceen main, gardent l’entrée de la salle.
11 serait difficile de préciser l’endroit où se réunissait l’ordre; tantôt enAnjou, tantôt en Provence : les chevaliers n’avaient aucun lieu fixe pourleurs assemblées.
Les nouveaux chevaliers ne tardèrent pas à juffifier leur devise (toujoursen croissant). La trêve conclue entre la France & l’Angleterre venait d’êtrerompue, & Charles VII avait appelé aux armes toute la noblesse de sonroyaume. A ce cri de guerre répété d’un bout de la France à l’autre,René accourut avec ses chevaliers se ranger sous la bannière royale.
ce En ce temps le roi de Sicile« Avec cent lances & ses chevaliers« En compagnie belle & gentille« Vint au roi de France à Louviers (2). »
Ils suivirent le roi dans cette glorieuse campagne, où la Normandie & laGuyenne furent de nouveau conquises & les Anglais expulsés du royaume.
Cette inffitution ne pouvait avoir de bases durables, parce qu’elle repo-sait essentiellement sur des éléments que la civilisation avait fait disparaître;les fortes croyances & les idées politiques qu’inaugurait l’Église, & queLouis XI devait, quelques années plus tard, si bien continuer, effacèrentbien des inffitutions du moyen âge. Une bulle du pape Paul II, ennemi deRené, vint supprimer l’ordre du Croissant en l’année 1461; vengeance
(1) Montfaucon, Monuments de la maison de France, t. III, p. 256 & 2 58 ,planche 47.
(2) Martial d’Auvergne, Vigiles de Charles VII.