Druckschrift 
Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
Entstehung
Seite
196
Einzelbild herunterladen
 

ÏQÔ

HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE,

Le 14 septembre., veille de la fête de saint Maurice., les chevaliers serendaient dès les vigiles à lhôtel du sénateur, d ils sen allaient auxvêpres en grande cérémonie. Le cortège marchait dans cet ordre : i° lespoursuivants en cotte de mailles ; 2 0 le greffier qui tenait le livre étaientinscrits les ffatuts, les règlements & les faits darmes de chaque chevalier ;3° les chevaliers nouvellement élus, puis en rang & deux par deux lesécuyers & les chevaliers rangés par ordre de promotions ; 4 0 le roi darmes,vêtu de ses plus beaux atours, & enfin le sénateur. Les vêpres dites, on seréunissait chez le nouveau sénateur, lon soupait. Le lendemain, jour desaint Maurice, il y avait grande fête, & dès le matin, tous les membres delordre assiffaient à la messe du saint. Le sénateur occupait dans la cathé-drale la place dhonneur, ayant autour de lui le chancelier, le maître desrequêtes, le trésorier, le greffier, & plus bas que son siège le roi darmes.A lOffertoire, chaque chevalier & écuyer était tenu doffrir un cierge decire blanche, sur lequel étaient peintes ses armoiries; le sénateur en offraitun dune dimension beaucoup plus grande, se voyaient les armes deSaint-Maurice & les siennes. Ceff à lissue de la messe que lon nommaitle nouveau sénateur par voie élective, & après la leéture des ffatuts, lesenseignements touchant lordre & le serment, on laccompagnait avec lesmêmes cérémonies jusquà son hôtel.

Le lendemain de la fête de saint Maurice avaient lieu les cérémoniesfunèbres pour le repos de lâme des chevaliers morts dans lannée & depuisla fondation; tout lordre y assiffait vêtu de robes noires fourrées dagneaunoir & le chaperon noir en tète. On chantait solennellement la messe, puisle Requiem; les hauts faits darmës des chevaliers décédés étaient racontés,& tous les membres de lordre se cotisaient pour offrir un drap noir, surlequel on faisait broder les armes des chevaliers décédés, & que lon sus-pendait dans la chapelle (1).

Dans le courant de lannée, les chevaliers se réunissaient en assembléegénérale; le chapelain faisait un rapport, ïk le sénateur nommait les cheva-liers qui sétaient diftingués par quelque belle aétion; en cas de faute, illeur imposait des punitions quils devaient accepter sans se plaindre. Ilsdevaient racheter de leurs propres deniers le chevalier de leur ordre qui

(0 Hijloire de Pondre du Croissant, par Claude Mesnard (Mss. Bibliothèqueimpériale).