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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
tout une obscurité profonde sur le règne de la maison d’Anjou en Italie;il y a une confusion d’événements telle, qu’on éprouve déjà bien des diffi-cultés à étudier l’hiffoire de ces malheureux princes qui régnèrent aumilieu des guerres civiles où la Hongrie, l’Allemagne, l’Espagne, Rome &Venise ont joué un rôle plus ou moins important. Que d’événements plusgraves n’ignorons-nous pas sur cette période qui tient à l’hiftoire de toutel’Europe (i)!
Elevé par son grand-oncle, le cardinal de Bar, René (2) avait, toutjeune homme, fréquenté les paladins allemands & les margraves des bordsdu Rhin ; il avait assiffé à leurs magnifiques tournois, & ces fêtes cheva-leresques en frappant son esprit avaient laissé de profonds souvenirs dansson exiflence. Présent aux cérémonies de la création de Y ordre de laFidélité (3), fondé en 1416 par Thibaut V, comte de Blamont, il avait,au dire de quelques hifforiens, malgré son jeune âge, fait partie deschevaliers lorrains qui en reçurent les premiers les insignes.
La vie du roi René se divise en deux périodes qui offrent le plus brillantcontrafle que l’hifforien puisse rencontrer dans la vie d’un souverain (4).I.a première, consacrée tout entière aux expéditions militaires, à la diplo-matie, offre de bien triffes désaftres; brave sur le champ de bataille, Renéne craint pas la lance du plus hardi chevalier; s’il succombe devant lesducs de Bourgogne, c’eft qu’il lutte contre une force à laquelle il ne peutrésider, une puissance de quatre siècles, une politique que partout lespuissants ducs ont employée (5). Sa faiblesse vient aussi de ce que sesmoyens d’aéfion sont dispersés, les populations qu’il gouverne ne pouvantmarcher sous la meme bannière (6).
La seconde période elt plus éclatante : en elle se résume le plus beaureflet de la Chevalerie française. Azincourt avait vu l’oriflamme & les fleurs
(1) On peut consulter sur l’hiftoire de l’ordre du Croissant en Italie, Claude Mes-nard (Mss. de la Bibliothèque impériale), Hijioire des princes de la maison d’Anjou,3 vol. in-8°.
(2) René d’Anjou, surnommé le Bon, était né à Angers en juin 1408; il était filsde Louis II & de Yolande, fille de Jean I er , roi d’Aragon.
(3) Voyez cet ordre.
1)4) Villcneuve-Bargemont, Hijioire de René d’Anjou ; 3 vol. in-8°.
(5) De Barante, Hift.des ducs de Bourgogne. Paris, 1824-1826; 3 vol. in-8.
(6) René d’Anjou était roi de Naples & de Sicile, comte d’Anjou, du Maine & deProvence, duc de Lorraine, etc., etc.