ORDRE DE I^HERMINE.
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Plus galant que la plupart des fondateurs d’ordre, il admit dans le sienles dames qui prirent le nom de chevaleresses. On cite une duchesse deBretagne qui reçut le collier en 1441; une Pétronille de Maillé; deuxdemoiselles de Penhoét & du Plessis-Augier en 1453; une Jeanne de Lavalen 1455.
« Le collier était composé, dit Dambreville (1), de deux chaînes d'ordont les deux extrémités étaient attachées à deux couronnes ducales, cha-cune desquelles renfermait une hermine passante; une de ces couronnespendait sur la poitrine, & l’autre sur le col; ces chaînes étaient composéeschacune de quatre fermoirs, & ces fermoirs n’étaient qu’une hermine avecun rouleau entortillé autour du corps, sur lequel était écrit : A ma vie.Les rouleaux étaient alternativement émaillés de blanc avec des lettresnoires, & de noir avec des lettres blanches; autour du col de chacune desdix hermines, il y avait un collier d’où pendait un chaînon de quatre oucinq anneaux.
« On croit que par les deux couronnes & la devise A ma Vie, le ducvoulut marquer qu'il avait deux fois exposé sa vie, & qu’il l’exposeraitencore pour soutenir ses droits & sa dignité, & que par les hermines & lecollier à chaînes pendantes, il faisait allusion au lévrier blanc de Charlesde Blois, qui abandonna son maître avant la bataille d’Auray. »
Les armes de Bretagne étaient des hermines, & peut-être eft-ce la seuleraison pour laquelle le duc Jean IV donna le nom d’ordre de l’Hermine àson inftitution.
M° Guillaume de Saint-André, licencié en décret scolaftique, de Dol,notaire apoftolique & impérial, conseiller & ambassadeur du duc Jean IV,a composé une chronique rimée de la vie de ce prince, & y parle ainsi del’ordre de l’Hermine :
A Nantes ses gens envoïa,
Mais de la rendre on déloïaJusqu’à la NativitéDe S. Jean, c’eft vérité.
Deux jours avant ne plus ne moinsEntra à Nantes j’en suis certains
(1) Dambreville, Abrège chror.ol. des ordres de Ckev. Paiis, 1807; in-8°.