ORDRE DE NOTRE-DAME DE LA NOBLE MAISON.
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d’Allemagne avaient depuis i3o8 Y ordre d’Ancienne Noblesse, devenudepeiis Yordre des Quatre Empereurs, créé par Henri Vil de Luxem-bourg, ami & allié des Valois.
Dans les deux royaumes, les riches commanderies de l’ordre religieux& militaire de Saint-Jean de Jérusalem, augmentées depuis 131 x desdépouilles des templiers, étaient sous la juridiction du grand maître,qui résidait alors à Rhodes, & d’ailleurs l’ordre entier ne relevait que dupape.
En France, les commanderies de l’ordre hospitalier de Saint-Lazareprovenaient des dons de Louis VII & de saint Louis, qui avaient ramenéd’Orient des chevaliers de cet ordre & leur avaient donné des établisse-ments devenus fort prospères; ceux-ci proclamaient que le roi de Franceétait le grand maître de leurs possessions « en deçà & au delà desmers. » Mais cette prétendue maîtrise paraît s 1 être bornée à une hauteproteétion du souverain français.
D’autre part, on ne peut pas considérer comme des ordres de Cheva-lerie diverses associations de "quelques chevaliers en vue d’un vœu oud’une entreprise particulière, dont nous avons déjà parlé, associationstoujours minimes quant au nombre, n'ayant d’ordinaire que peu de durée& nulle influence politique.
L'absence d’un ordre royal, qui pût servir à récompenser les hautsfaits d’armes, a dû se faire sentir bien des fois, comme dans la circons-tance suivante. Quelque temps après la défaite de Crécy & la prise deCalais, le comte de Charni, gouverneur français de Saint-Omer, résolutde surprendre Calais, en y pénétrant par une tranchée du siège qui étaitreliée ouverte. Édouard III, en ayant été prévenu, attendit de pied fermel'arrivée des chevaliers français. Dans la lutte, le roi d’Angleterre eutà combattre corps à corps le chevalier Euflache de Ribeaumont, qui,deux fois, le fit tomber sur ses genoux; mais le roi, ayant pris le dessus,fit prisonnier son rude adversaire. Le comte de Charni & tous les che-valiers « de Y emprise » furent obligés de se rendre. Édouard III traitaavec courtoisie ses braves adversaires, les fit souper à sa table, & à lafin du repas, ôtant de sa tête un petit chapelet orné de perles, il le posasur la tète d’Euftache de Ribeaumont, en lui disant : « Je vous proclamele plus brave chevalier de cette soirée, & je vous autorise à porter cechapelet durant un an. » Il mit le comble à sa générosité en faisantremettre en liberté le comte de Charni & ses intrépides compagnons (1347)-