HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
I 5 4
Italie. Il se trouvait en outre héritier présomptif de la couronne de France,lorsqu’il mourut trois ans avant le dernier roi capétien Charles IV, lais-sant à son fils Philippe, comte de Valois, ses droits à la succession autrône.
La Chevalerie, comme on le voit, pouvait compter dans ses rangs depuissants princes, sans avoir un chef immédiat, une sorte de grandmaître, qui réunît sous son commandement les membres de cet ordreépars dans toute la France.
Parvenu au trône de France, Philippe VI de Valois avait songé à semettre à la tête de la Chevalerie européenne en l’entraînant dans une nou-velle & dernière croisade. Il réunissait à l’amour de la gloire une grandepuissance comme souverain. « Jamais, depuis Charlemagne, le roi deFrance ne s’était trouvé aussi influent. Maître directement des trois quartsdu royaume, suzerain des rois de Majorque, de Navarre & d’Angleterre,p'our les fiefs que ces princes possédaient en France, allié des rois deBohême & d’Écosse, parent de ceux de Naples & de Hongrie, uni par lemariage de son fils Jean à la puissante maison de Luxembourg, protecteurintéressé du pape, qu’il tenait comme prisonnier dans Avignon, Philippe VIétendait au loin sa puissance (i). »
Il pouvait, sans trop d’orgueil, concevoir de grands desseins; malheu-reusement toute sa Chevalerie vint se briser contre les milices commu-nales de l’Angleterre. Les défaites de Crécy & de Poitiers, suivant enmoins d’un siècle les graves revers de Mansourah en Egypte & de Cour-tray en Flandre, auraient dû montrer que la féodalité chevalere-que avaitfait son temps; on résolut de lui rendre par des diffinéfions extérieuresle preftige qui l’avait si longtemps entourée. « Lorsque la vraie Cheva-lerie s’en va, dit M. Duruy, les rois songent à créer une Chevalerieofficielle. »
Quelques considérations politiques militaient d’ailleurs en faveur de cescréations. Avant l’inftitution de Y ordre de la 'Jarretière en Angle-terre (i35o) & de Yordre de l’Étoile en France (i35 1 ), il n’exilfait dans lesdeux royaumes aucun ordre de Chevalerie duquel ces deux souverainspussent disposer dans leur intérêt particulier, tandis que les empereurs
(i) Duruy, Hijioire de France, t. I, p. 367.