ORDRE DE LA MILICE DE JÉSUS-CIIRIST.
141
ORDRE DE LA MILICE DE JÉSUS-CHRIST.
(1220.)
Un homme, dont le nom cft devenu fameux dans les fades de l'Eglisemilitante, naquit à Calahorra, en l’an 1170, dans la Vieille-Caffille, & sesignala dès sa jeunesse par une piété exaltée 8c farouche en même tempsque par un talent précoce pour l’éloquence de la chaire. Domingo pro-fessa d’abord la théologie à Palencia, dans le royaume de Léon, puis,étant devenu membre du chapitre de l’évêque TOsma, à l’âge de vingt-huit ans, il vint en France avec ce prélat.
Ils rencontrèrent aux environs de Montpellier Arnaud Amauri, abbé deCîteaux, Pierre de Calfelnau & Raoul, moines du même ordre, si dégoûtésde leurs luttes contre les hérétiques du Midi qu’ils allaient y renoncer.Les deux Espagnols ranimèrent la ferveur des légats découragés :« N’épargnez ni sueurs ni peines, leur dirent-ils, pour répandre avec plusd’ardeur la bonne semence; renoncez à ces somptueux appareils, à ceschevaux caparaçonnés, à ces riches vêtements; fermez la bouche auxméchants, en faisant & en enseignant comme le divin Maître, en allantpieds nus & dôchaux, sans or ni argent; imitez la manière des apôtres. »— « Oh ! ce serait là une grande nouveauté, répliquèrent les légats, & nousne pouvons prendre sur nous ces choses; mais si quelque personne desuffisante autorité nous voulait précéder en cette façon, nous l’imiterionsde grand cœur. »
L’évêque Diego d’Azebez N son chanoine Domingo donnèrent cetexemple, d’où devaient bientôt sortir les ordres mendiants.
C’était le temps où l’hérésie des Albigeois était dans toute sa force ;une formidable croisade, à la tête de laquelle se trouvait le féroce Nambitieux Simon de Montfort, écrasait les malheureuses populations dumidi de la France. En 1220, le chanoine du chapitre d’Osma se trouvaità Toulouse. Celui que l’Église appela bientôt saint Dominique, « animé,dit Hélyot (1), du zèle de la gloire de Dieu, voulant conserver les droits