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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
de l’Eglise & lui faire rendre les biens qui lui avaient été enlevés par leshérétiques, assembla quelques laïques pieux & dévots, &, étant persuadéde leurs vertus & de leur courage, il en forma une milice dont le prin-cipal soin devait être de recouvrer les droits ecclésiaffiques qui avaientété usurpés, de les protéger, & d’employer aussi leurs armes pour ladeftrucfion de l’hérésie. 11 faisait prêter serment à ceux qui s’engageaientdans cette milice de s’employer de toutes leurs forces à ces bonnes œuvres,d’exposer leur vie pour ce sujet, & même leurs biens, &, afin que leursfemmes ne les empêchassent pas d’exécuter leurs promesses, il lesfaisait aussi jurer qu’elles ne s’opposeraient pas aux bonnes intentions deleurs maris, & qu’au contraire elles les assiéraient de tout leur pouvoir.Il donna le nom de milice de Jésus-Chriff à cette société; & afin que ceuxqui s’y engageaient fussent diftingués des autres laïques par quelquesmarques extérieures, il ordonna tant aux hommes qu’aux femmes de porterun habit noir & blanc, fait de telle sorte que, quelque forme qu’ils don-nassent à leur habillement, ces deux couleurs y parussent toujours, & illeur prescrivit aussi certaines prières pour les heures canoniales. »
Lorsque l’hérésie eut été étouffée dans le sang, & que Dominique futmort, l’ordre de la milice de Jésus-Chrifi cessa d’être militaire & chevale-resque pour devenir simplement religieux, & prit le nom de Pénitence deSaint-Dominique, ou tiers ordre de Saint-Dominique. Les membres del’ordre s’appelèrent Dominicains ou Frères prêcheurs du tiers ordre deSaint-Dominique. En France, on les désigna sous le titre de Jacobins,à cause de leur établissement à l’église Saint-Jacques à Paris.
Dominique mourut à Bologne en 1221, & fut canonisé en 1234 parGrégoire IX. Sa fête fut fixée au 4 août (1).
(1) Consulter : P. Lacordaire, Vie de saint Dominique. Paris, 1841; in-8°. —Caro, Saint Dominique & les Dominicains. (Bibl. des chemins de fer.)