ORDRE DU SAINT-ESPRIT DE MONTPELLIER.
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ORDRE DU SAINT-ESPRIT DE MONTPELLIER.
(T195.)
On a prétendu faire remonter l’origine de cet ordre jusqu’à sainteMarthe, contemporaine de Jésus. Une pareille antiquité eft purementlégendaire. La fondation véritablement hillorique de l’ordre fut l’œuvred'un gentilhomme de Montpellier, appelé Guy de Guado, qui, enl’an iiq5, fit bâtir dans cette ville un hôpital débiné à recueillir lespauvres infirmes, & le plaça sous l’invocation de sainte Marthe. L’établis-sement s’accrut & s’améliora très-rapidement. Au bout de trois ans, lepape Innocent III le conftitua en ordre hospitalier, religieux & militaire, 8:lui donna, par une bulle en date du 23 avril 1198, le nom d’ordre duSaint-Esprit de Montpellier. En 1204, le même pontife appela le fondateurà Rome & lui confia le soin de l’hôpital de Sainte-Marie in Sassia, qu’ilavait annexé à l’ordre français.
Ne faut-il pas voir dans ce nom de Saint-Esprit donné à un ordre hos-pitalier de la célèbre école médicale de Montpellier un reflet des idéesde l’époque à la fin du douzième & au commencement du treizièmesiècle, lorsque le culte du Saint-Esprit menaçait presque de détrôner celuidu Père N de Jésus-Chriff, lorsque le fameux abbé Joachim de Fiore,mort en Calabre en 1202, passait pour le Messie du nouvel Évangile,l’Evangile éternel , attribué à Jean de Parme, général des franciscains?Combattu par le dominicain Thomas d’Aquin & le franciscain Bona-venture, qui succéda à Jean de Parme, ce culte déclina pour faire unenouvelle explosion au quatorzième siècle.
Une tradition, peu digne de foi, voulait que l’église de Sainte-Marie inSassia eût été fondée à Rome par Ina, roi de Wessex, dans l’Heptarchieanglo-saxonne, qui y aurait bientôt adjoint un hôpital. Selon la mêmetradition, le roi de Mercie, Offa, aurait considérablement augmenté lesrevenus de la pieuse inffitution.
L’union des deux hôpitaux de Rome & de Montpellier ne dura pas long-temps. E11 1217, le pape Honorius III les sépara. Grégoire X alla plus loin