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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Sémichon cherche à établir que les communes ne furent autre chose quedes inlfitutions de paix, des associations, des confréries pour la paix.
« La paix, dit-il, la commune, c’était, à l’origine, la même chose; leserment des officiers de la commune, c’était le serment de la paix; lesofficiers de la commune, c’étaient les officiers de la paix; l’enceinte de lacommune, c’était l’enceinte de la paix; l’hôtel de la commune, c’étaitl’hôtel de la paix. »
Plus loin, le même écrivain dit encore : .
« Nous savons comment procédait la juridiction de la paix.
« Si la cause était de la compétence des tribunaux ecclésiaffiques, ques-tion de mariage, de telfament, etc., le tribunal de l’archidiacre ou del’évêque la retenait & la jugeait; si la cause était de la compétence du roiou du comte, l’évêque ou l’archidiacre renvoyait devant eux; mais danstoutes les causes, le seigneur qui refusait de comparaître devant la juffice,& qui voulait, comme autrefois, trancher les queftions par la guerre, étaitexcommunié; si les peines spirituelles ne suffisaient pas, il était mis au bande la confrérie.
« Alors la confrérie armée marchait à la voix de l’évêque, du comte oude l’archidiacre, sous la conduite des curés, contre tous les ennemis N lesviolateurs de la paix...
« Ces associations, imposées par les conciles, embrassent bientôt laplupart des diocèses de la France. »
Évidemment M. Erneft Sémichon fait à l’Église une part d’acfion &d’influence fort exagérée, N son opinion, qui donne aux communes uneorigine ecclésiaftique, n’elt pas soutenable. Néanmoins il ressort claire-ment de son livre que la Paix ou la Trêve de Dieu ne fut pas un acci-dent isolé dans l’hiftoire du moyen âge; ce fut plutôt une inffitution quise développa, se régularisa, N, sans détruire le mal qu’elle devait com-battre, en diminua toutefois les ravages dans une certaine mesure.
L’ordre de la Paix disparut vers 1260, sous Louis IX, lorsque la royautécapétienne devenue plus forte prit en main le rôle de l’Église, impuissanteà son tour, N chercha à établir à l’aide des légilles & des lois, c’elt-à-direpar la société civile, la paix & la juffice que l’autorité ecclésiaftique avaitpendant longtemps seule pu prêcher ou imposer.
Au treizième siècle, l’inftitution disparut, se sécularisa, N la Trêve deDieu devint la Trêve du roi, la Quarantaine-le-Roi.