ORDRE DU TEMPLE. I2g
commandeur de Tulle, puis bailli de l'ordre, la lettre suivante, qu'il a pu-bliée dans son Hijfoire des chevaliers Templiers :
« Monsieur,
« Que venez-vous fouiller dans des tombes encore toutes fraîches et ré-veiller des cadavres?
« L’ordre du Temple elf mort depuis à peu près le temps où les docu-ments vous font défaut. Il n’a pu traverser l'époque de 1848, & n’a guèreeu, même alors, que quelques séances.
« Aujourd’hui, combien sommes-nous, vivants, qui lui ayons appar-tenu? Quelques-uns!... pour la langue de France du moins; car il en restedavantage, je crois, en Belgique & en Angleterre.
« Le duc de Choiseul, sir Sidney-Smith, Valleray, Raoul père, Duchesneaîné, de la bibliothèque, ont disparu... Raoul fils eft bien toujours auxfinances; Guyot, notre ancien imprimeur, exiffe aussi encore. Je ne saiss’il en eft de même du comte de Morton de Chabrillan, mais nous nouscomptons de loin, & nous ne nous réunissons plus. Nos agapes, dites de laPalejline, ont cessé ! Les salons de la rue des Frondeurs ne résonnentplus des gais refrains d’Albert de Montémont, qui lui-même n’eft plus dece monde... Je voudrais répondre à votre demande, mais je ne puis parlerque du passé. — Je le répète, le présent pour l’ordre, c’eft la torpeur & lamort...
« Paris, 5 décembre 1863. »
$ V. — Conclusion.
Laissons les templiers modernes, dont l’acte de décès vient, comme onl’a vu plus haut, d’être dressé par un des leurs, & revenons à ceux dumoyen âge.
Ils furent, nous le répétons, les jésuites de leur temps, jésuites avec lafinesse en moins & une épée en plus. Les templiers sont morts N n’ont paseu de résurrection. La deftruètion de l’ordre du Temple fut légitime. Lesmoyens seuls qui servirent à l’accomplir furent iniques.
Nous ne sommes pas plus partisan de Philippe le Bel, laux-monnayeur,