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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

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communauté, aujourdhui obligés de se cacher comme des criminels ou demener dans lombre une vie errante, ne durent-ils pas chercher à se recon-naître, à se réunir pour se demander un mutuel appui? On ne saurait guèreen douter. Ils durent avoir des assemblées secrètes, tenir même des cha-pitres; car pour eux, dont les vœux étaient éternels, pour eux, dévoués à lasainte milice quils savaient innocente des monftruosités dont on lavaitaccusée (1), lordre ne pouvait avoir cessé de vivre. Eurent-ils la penséeden perpétuer lexifience? Nous nen savons rien; mais cela paraît aumoins probable. Aussi, vers la fin du siècle dernier & au commencementde celui-ci, plusieurs sociétés secrètes (de fondation plus ou moins récente)se crurent-elles autorisées à afficher la prétention de descendre destempliers. »

Les francs-maçons affichère'nt surtout le plus de prétentions ; ils les ontexposées dans trois ouvrages principaux, du baron de Hund pour lAlle-magne, le capitaine George Smith pour lAngleterre, & M. Cadet-Gassicourtpour la France. Ces livres ont été très-bien analysés par M. de Monta-gtiac. Voici quelques passages curieux de celui de M. Cadet-Gassicourt, LeTombeau de J. de Molay (Paris, an V) : « Le lendemain de lexécutionde Alolay, le chevalier Aumont & sept Templiers déguisés en maçons vin-rent recueillir les cendres du bûcher... Alors, les quatre loges créées par legrand maître (Naples, Edimbourg, Stockholm, Paris) prêtent serment dex-terminer tous les rois & la race des Capétiens, de détruire la puissance despapes , de prêcher la liberté des peuples & de fonder une république univer-selle. » Selon le même écrivain, presque tous les révolutionnaires, Maza-niello, Mirabeau, Fox, Robespierre, etc., étaient initiés; il met aussi parmiles initiés les jésuites, qui, dans ce cas, accomplissent singulièrement leurserment, à moins que lattachement quils montrent pour le saint-siège nesoit une perfidie calculée, un moyen sûr de le déconsidérer.

« La Bastille, ajoute-t-il, fut la première désignée aux coups du peuple,parce quelle avait été la prison de J. Molay (2). » Quel magnifique argu-

(1) Comme on le voit, M. Élizé de Montagnac eft le partisan déclaré de linnocenceabsolue des templiers. Nous ne saurions partager cette manière de voir, 'ce qui nenous empêche pas de recommander son livre comme un des plus curieux & des pluscomplets sur lordre des Templiers.

(2) Ny a-t-il pas erreur de la part de M. Cadet-Gassicourt? Généralement on admetque la Baftille fut bâtie par Charles V.