ORDRE DU TEMPLE.
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mouvement laïque, civil, séculier, national, libéral, qui, grandissant tou-jours, allait aboutir d’abord à la renaissance & à la réforme, puis à larévolution française (i).
Il ne refie du Temple, à Paris, que le souvenir & le nom d’un quartier.La grosse tour, flanquée de quatre tourelles, où la république enferma laroyauté en 1792, & d’où celle-ci sortit pour être décapitée en la personnede Louis XVI, subsifta jusqu’en 1811.
Clément V mourut quarante jours après le supplice de Jacques deMolay; Philippe IV mourut dans cette même année 1314. On prétenditque le grand maître, du milieu des flammes de son bûcher, avait ajournéà ces délais ses bourreaux devant le tribunal de Dieu. Cette légende, con-servée par la crédulité des peuples, a été consacrée dans une tirade célèbrede la tragédie de Raynouard, que personne ne lit plus.
Nous sommes surpris que les singuliers apologiftes des templiers n’aientpas pensé à donner comme secondes preuves de la malédiction de Dieus’étendant sur des juges iniques, cette famille des comtes du Dauphinés’éteignant en 1349, moins de quarante ans après, sans poftérité, pour avoirprêté leur capitale comme théâtre de cette condamnation; & plus tardLouis XVI, le dernier des Capétiens, allant passer ses derniers jours danscette tour du Temple, fruit d’une spoliation sanglante. Quelque tardifs quesoient ces jugements de Dieu, ils pourraient être regardés comme plusauthentiques que l’appel de Jacques Molay, prédiction célèbre surtout dansle beau discours que Mézeray prête au grand maître sur le bûcher. Lesdocuments contemporains n’en ont gardé aucun souvenir, comme on peuts’en convaincre dans la chronique contemporaine d’un certain Geoffroy,
( 1 ) Voici comment un poëte contemporain dépeint la chute des templiers :
Le frère, le mettre du TempleQu’eftoient rempli & ampleD’or & d’argent & de richesse,
Et qui menoient tel noblesse,
Où sont-ils? Que sont devenu ?
Que tant on deplait maintenu,
Que nul à elx ne s’ozait prendre,
Tozjors achetoient sans vendre,
Nul riche à elx n’eftoit de prise ;
Tant va pot à eaux qu’il brise.
(Chronique manuscrite à la suite du roman de Favel.)
Raynouard, Monuments hijîoriques relatifs à la condamnation des Chevaliers duTemple. Paris, 1 8 1 3 * in-8°.