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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
poser que des templiers auraient fait entrer dans l’ordre leurs prochesparents ? Ne faisons pas une telle injure à la nature humaine ! Ce ne futpas l’hérésie, les doéfrines gnolfiques : vraisemblablement les chevalierss’occupaient peu de dogme. La vraie cause de leur ruine, celle qui mit toutle peuple contre eux, qui ne leur laissa pas un défenseur parmi tant defamilles nobles auxquelles ils appartenaient, ce fut cette monftrueuse accu-sation d’avoir renié & craché sur la croix. Cette accusation efl juflementcelle qui fut avouée du plus grand nombre. Ils semblaient, par cette apos-tasie apparente, promettre obéissance à l’ordre contre la religion même,dont l’ordre se disait le défenseur (i). »
Dans toute la chrétienté, l’ordre du Temple fut supprimé, comme inutileou dangereux. Les biens furent confisqués par les gouvernements ou don-nés à d’autres ordres. Ni les tortures ni la mort ne furent infligées auxchevaliers. On en renferma quelques-uns dans des monaAères, parfoisdans leurs propres couvents. C’efl le traitement qu’on fit subir aux chefsdes templiers anglais. En Allemagne, ils se maintinrent tranquilles sousla protection de l’archevêque de Mayence, qui les avait fait absoudre dansun synode convoqué dans leur intérêt. En Italie, leur sort varia suivantles provinces; condamnés en Lombardie, en Toscane & à Naples, ilsfurent absous à Ravenne & à Bologne. L’ordre avait rendu de grands &vrais services en Espagne & en Portugal, en combattant contre les Maures.Aussi la Cafiille proclama leur innocence dans des conciles provinciauxtenus à Salamanque & à Tarragone. En Aragon, ils se jetèrent dans leursforteresses, qui furent prises par le roi; mais, pour les dédommager, ceprince inflitua l’ordre de Montesa, où ils entrèrent presque tous. La mêmechose eut lieu en Portugal, où ils remplirent les ordres d’Avis & du Chrifl.
Une tradition veut que le grand maître, Jacques Molay, ait eu le tempsavant son emprisonnement de désigner secrètement pour son successeurJean-Marc de Larmeny, qui, après le supplice des grands dignitaires &l’abolition de l’ordre, fidèle à sa mission, parvint à réunir les débris éparsde l’ordre & lui donna une nouvelle charte le i3 février 1324.
Ce lut donc en France seulement que bon se montra cruel envers lestempliers. C’efl que là était le centre de leur puissance, comme nousl’avons déjà dit; & en même temps la France était la cause première d’un
(1) Michelet, Hijioire de France, t. III, p. 196 & suivantes.