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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

cette pantomime, s'exprimait par un aéle : il crachait sur la croix. Lordrese chargeait de réhabiliter ce renégat, de lélever dautant plus haut que sachute était plus profonde... Ces comédies sacrées, chaque jour moins com-prises, étaient de plus en plus dangereuses, plus capables de scandaliserun âge prosaïque, qui ne voyait que la lettre & perdait le sens dusymbole...

« Je ne voudrais pas massocier aux persécuteurs de ce grand ordre.Lennemi des templiers les a lavés sans le vouloir; les tortures parlesquelles il leur arracha de honteux aveux semblent une présomptiondinnocence. On eft tenté de ne pas croire des malheureux qui saccusentdans les gênes. Sil y eut des souillures, on eft tenté de ne plus les voir,effacées quelles furent dans les flammes des bûchers. Il subsifte cependantde graves aveux, obtenus hors de la quel!ion & des tortures. Les pointsmêmes qui ne furent pas prouvés nen sont pas moins vraisemblables pourqui connaît la nature humaine, pour qui considère sérieusement la situationde lordre dans ses derniers temps.

« Il était naturel que le relâchement sintroduisît parmi des moinesguerriers, des cadets de la noblesse, qui couraient les aventures loin dela chrétienté, souvent loin des yeux de leurs chefs, entre les périls duneguerre à mort & les tentations dun climat brûlant, dun pays desclaves,de la luxurieuse Syrie. If orgueil & lhonneur les soutinrent tant quil y eutespoir pour la terre sainte. Enfin, ils perdirent Jérusalem, puis Saint-Jean-dAcre. Soldats délaissés, sentinelles perdues, faut-il sétonner si, au soirde cette bataille de deux siècles, les bras leur tombèrent! La chute eftgrave après les grands efforts. Lâme, montée si haut dans lhéroïsme & lasainteté, tombe bien lourde en terre; malade & aigrie, elle se plonge dansle mal avec une faim sauvage, comme pour se venger davoir cru. Telleparaît avoir été la chute du Temple. Tout ce quil y avait eu de saint enlordre devint péché & souillure. Après avoir tendu de lhomme à Dieu, iltourna de Dieu à la bête. Les pieuses agapes, les fraternités héroïquescouvrirent de sales amours de moines. Ils cachèrent linfamie en sy met-tant plus avant, & lorgueil y trouvait encore son compte. Ce peuple éter-nel, sans famille ni génération charnelle, recruté par léleclion & lesprit,faisait montre de son mépris pour les femmes, se suffisant à lui-même &naimant rien hors de soi. Comme ils se passaient de femmes, ils se pas-saient aussi de prêtres, péchant & se confessant entre eux. Et ils se pas-sèrent de Dieu encore. Ils essayèrent dçs superllitions orientales, de la