ORDRE DU TEMPLE.
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qui essayèrent de les défendre; mais, de nos jours, l’étude des aétes de laprocédure a permis de connaître plus à fond l'organisation intérieure del’ordre, & a complètement modifié l’opinion. Il demeure avéré que le papefit procéder à l’enquête avec une modération extrême & avec autant d’im-partialité que d’indulgence; que la culpabilité des templiers, d’après lesidées alors régnantes, était flagrante, & que le jugement rendu par le papefut encore empreint de beaucoup de mansuétude. Les trahisons de l’ordreen Paleftine, ses crimes, son avidité & son ambition, la vie de débauchesd’un grand nombre de ses membres, l’oubli complet du but de son inllitu-tion dans lequel il était tombé, sont des faits prouvés par une étudeapprofondie de l’hiftoire des croisades. Tout cela eût bien pu julfifier laréforme, mais non la deflruêfion de l’ordre. Or il résulte des aéfes de laprocédure, que des opinions déifies & panthéiffes avaient fini par entrerdans les principes professés par les templiers en matière de religion. Lanégation du Chriff, l’adoration d’une idole à laquelle le peuple donnait lenom de Baphomet, la connexion avec certaines idées gnoftiques rapportéesd'Orient, & un grossier culte des sens, tel qu’il en exiffe dans quelquesrégions païennes de ces contrées, semblent avoir été des accusations fon-dées. Mais il n’eft pas invraisemblable qu’il y avait dans l’ordre desmembres initiés & des membres qui ne l’étaient pas (i), ce qui explique lacontradiction exiffant entre les graves aveux des uns & les proteflations decomplète innocence des autres...
« Le Temple avait pour les imaginations un attrait de myftère & de vagueterreur. Les réceptions avaient lieu dans les églises de l’ordre, la nuit, &portes fermées. Les membres inférieurs en étaient exclus. La forme deréception était empruntée aux rits dramatiques & bizarres, aux myftèresdont l’Église antique ne craignait pas d’entourer les choses saintes. Lerécipiendaire était présenté d’abord comme un pécheur, un mauvais chré-tien, un renégat. Il reniait, à l'exemple de saint Pierre; le reniement, dans
(i) Cette opinion, vivement combattue par M. Élizé de Montagnac dans son His-toire des Chevaliers Templiers (Paris, 1864), eft celle de MM. Wilcke, de Hausmer,& de M. Mignard. Ce dernier, dans sa Monographie du coffret de M. le due deBlacas (Paris, 18 5 2), nous semble avoir exagéré l’importance des idées gnoftiques &manichéennes introduites dans le Temple, comme l’a bien montré M. Frautey danssa Notice sur le mémoire : Eclaircissements sur les pratiques occultes des Tem-pliers. m