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IlB HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
« comme les cardinaux croyaient avoir mis fin à l’affaire, voilà que tout à« coup, sans qu’on pût s’y attendre, deux des condamnés, le maître« d’outre-mer (i) 8c le maître de Normandie, se défendant opiniâtrément« contre le cardinal qui venait de parler contre l’archevêque de Sens, en« reviennent à renier leur confession & tous leurs aveux précédents, sans« garder de mesure, au grand étonnement de tous. Les cardinaux les« remirent au prévôt de Paris, qui se trouvait présent, pour les garder« uniquement jusqu’à ce qu’ils en eussent plus pleinement délibéré le« lendemain. Mais dès que le bruit en vint aux oreilles du roi, qui était« alors dans son palais royal, ayant communiqué avec les siens, sans« appeler les clercs, par un avis prudent, vers le soir du même jour, il les« fit brûler tous deux sur le même bûcher, dans une petite île de la Seine,« entre le jardin royal & l’église des frères ermites de Saint-Auguftin. Ils« parurent soutenir les flammes avec tant de fermeté & de résolution queu la confiance de leur mort & leurs dénégations finales frappèrent la mul-« titude d’admiration & de ftupeur. Les deux autres furent enfermés« comme le portait leur sentence. »
« Cette exécution à l'insu des juges, ajoute M. Michelet, fut évidemmentun assassinat. Le roi dédaigna ici toute apparence de droit, & n’employaque la force. 11 n’avait pas même l’excuse du danger, la raison d’État, celledu sains popnli, qu’il inscrivait sur ses monnaies. »
Quelles étaient donc les accusations qui pesaient sur les templiers?Elles peuvent se ramener à trois chefs principaux :
i° Ils reniaient Dieu à leur entrée dans l’ordre, crachaient sur la croix,adoraient une idole ;
2 ° Ils se soumettaient à de honteuses cérémonies lors de leur initiation,& à des actes de complaisance infâme chaque fois qu’ils en étaient solli-cités activement ou passivement;
3° Ils trahissaient, pour le profit de l’ordre, les princes chrétiens.
« Les écrivains du moyen âge soutiennent l’innocence des templiers 3cattribuent leur chute à la rapacité de Philippe le Bel 3c du pape. Au dix-huitième siècle, ce furent les francs-maçons 8c les partisans des lumières
(i) Jacques de Molai, grand maître de l’Ordre, dont la résidence était dans l’île deChypre.
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