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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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ORDRE DU TEMPLE.

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du templier révéla cette conversation, et le bruit en arriva jusquau roi, quifit prendre des informations. Il eut à ce sujet un entretien à Lyon, lors desfêtes du couronnement, avec Clément V, qui refusa dy ajouter foi (1). »

D'après une autre version, les dénonciateurs, au nombre de deux, furentun Gascon, le prieur de Montfalcon (2), & un Italien, Noffb-Dei, ou, selondautres, Squino de Florian ou de Flexian.

Cette mise en scène avait probablement été préparée longtemps àlavance. Quoi quil en soit, tandis que le grand maître Jacques-Bernardde Molay cherche à juftifier lordre de pareilles imputations auprès dusouverain pontife, le vendredi i3 octobre 1307, Philippe le Bel fait arrêtertous les templiers qui se trouvaient en France. Il y en avait cent quaranteà Paris. Peu de temps après, le pape ordonna, par une bulle en date du22 novembre, larreftation des templiers dans tous les pays.

Philippe IV sassura de lassentiment du peuple & de luniversité (3) ; desproclamations, des pamphlets furent répandus. Le jour de larrefiation, lesbourgeois furent convoqués par confréries & par paroisses dans le jardinroyal de la Cité, pour entendre des moines prêcher contre les templiers.Le même jour, le roi alla sétablir en personne au Temple, avec son trésor,ses archives & ses légiftes.

Le pape, qui, au fond, ne voulait pas la deftruclion de lordre, avaitespéré pouvoir traîner les choses en longueur. Il fut attéré de la rapiditéavec laquelle Philippe précipita les choses. Il tenta de résilier. Le roi luifit sentir dans une lettre impérieuse quil dépendait complètement de son

catorum. Proh dolor ! jam non moderate utentes mundo velut religiosi hominespropter Deum, sed ut suas Impleant voluptates, religionis imagine utuntur solum-modo propter mundum. » (Baluze, Epijî. Innocenti III. p. 68, epift. 121.) Gré-goire IX leur écrit : « Cæterum plures ex fratribus veftris de hœresi probabili haberidicuntur ratione suspeâi. » (Raynald, ann. 1238 ). Et Mathieu Paris, p. 618 :« Templariorum superbia & aborigenarium terræ baronum deliciis seduéla superbitreligio; nobis confhtis evidenter, intra clauflra Templi suldanos & suos, cum alacri-tate pomposa acceptas, superftitiones suas cum invocatione Mahometi & luxus sæcu-lares facere Templarii paterentur. » (Wilcke, t. Il, 168, 240; III, 65 , 259, 264, 357.)

(1) La France sous Philippe le Bel, par Edgar Boutaric. Paris, 1862; 1 vol. in-8°.

(2) Le P. Mansuet fait remarquer quil ny eut jamais de prieuré de Montfalcon ouMontfaucon. M. Boutiot retrouve le Prieur de Montfaucon, Florian de Biterie,mais parmi les bourreaux du Temple, avec le dominicain Guillaume Robert.

( 3 ) Il y eut même, comme dans laffaire de Boniface VIII, un Parlement généraldes trois ordres à Tours, en i 3 o 8 . Lassemblée se montra très-favorable à la politiquede Philippe.