HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
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même n’appartenaient exclusivement ni à ceux-ci ni à ceux-là & ne devaientêtre défendus par personne. Loin d’être défendus, les templiers furentplutôt attaqués par leurs défenseurs naturels. Les moines les poursuivirent,les nobles, les plus grands seigneurs de France donnèrent par écrit leuradhésion au procès. » Une circonftance fortuite vint précipiter la catafïrophe :en i3o6, les exactions de Philippe, qui lui valurent le titre de fauxmonnayeur, soulevèrent contre lui le peuple de Paris, qui l’assiégea dansle Temple, où il s'était réfugié, & les templiers seuls furent en état deréprimer la révolte.
Philippe IV avait bien des motifs de désirer & de poursuivre la ruine destempliers. Motifs de politique : il frapperait en eux une redoutable associa-tion, à la fois féodale, militaire, sacerdotale, & diminuerait de toute leurpuissance la société ecclésiaftique au profit de la société laïque. Motifsd’argent : il s’approprierait les immenses richesses de l’ordre. Motifs dehaine personnelle : il se vengerait de l’asile que le Temple lui avait offertcontre l’émeute populaire ; du refus qu’il avait essuyé d’être admis commechevalier de l’ordre lorsqu’il avait sollicité ce titre, dans le but sans douted’arriver à la grande maîtrise & de disposer de tout à son gré ; enfin del’appui que les templiers avaient toujours prêté au saint-siège.
Le successeur de Boniface VIII était Clément V, & la cour pontificaleavait quitté Rome pour Avignon. On a mis à néant la fable du marchéconclu entre Bertrand de Got & Philippe le Bel (i). Mais on ne saurait nierque, devant son éleélion à l’influence du roi de France, placé par le transfè-rement de la papauté dans une ville du territoire français sous la main dece souverain, il n’ait subi, de gré ou de force, ses volontés & sa pressionincessante.
« On raconte qu’un templier, enfermé dans une prison royale à cause deses crimes, fit à un compagnon de captivité d’étranges confidences sur degraves désordres qui se passaient dans le Temple, & que le plus grand,secret avait jusqu’alors dérobés à la connaissance du public. On parlait depratiques hérétiques ( 2 ), d’apoftasie & de mœurs dépravées. Le confident
( 1 ) Rabanis, Clément V & Philippe le Bel. Paris, 1 858.
( 2 ) Innocent III écrit au grand maître : « Non solum scandalum pusillorum con-temnitur sed etiam Ecclesiæ genettdis, & cupiditatis œstibus anhelantes non déclinantmendacia dum utentes doârinis dœmonorum in cujuscumque tructanni pectore cru-cifixi ^ignaeulum imprimunt & cum eis ad prædicandum euntes onulti pondéré pec-