ORDRE DU TEMPLE.
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mémoire. Bientôt la même lutte éclatait en Angleterre entre Henri II 8cThomas Bccket, après divers incidents de réconciliation & d’hollilité,amenait le meurtre du primat de Cantorbéry, la pénitence publique du roianglais, & se renouvelait avec Jean sans Terre & l'archevêque ÉtienneLangton, soutenu par Innocent III. Un souverain était à peine vaincuqu'un autre reprenait sa place : Frédéric 1 er Barberousse jetait le gant enItalie au vaillant défenseur des libertés italiennes, Alexandre III., & malgréses défaites laissait un successeur plus redoutable dans ce prince « presqueaussi arabe qu’allemand & italien », Frédéric II. M. Huillarci-Bréholles adémontré qu'un inftant Frédéric II songea même à établir dans Naples uneEglise indépendante & séparée de Rome : ce schisme, qui fut plus qu’unprojet, explique la politique à outrance suivie par le saint-siège, qui sortitencore victorieux de ce combat terrible (i2q5), & l’apogée du pouvoirpontifical semble être l’époque du grand jubile sous Boniface VIII (i3oo).Mais ce même pape allait bientôt éprouver que la roche Tarpéiennc n’ellpas loin du Capitole.
Jusqu’alors la France n'avait guère pris part à cette lutte que par desescarmouches : c’étaient leurs passions humaines plutôt que des queftionsde principes qui avaient animé nos rois. Philippe le Bel, plus heureux queles Henri, les Frédéric , du premier coup mit la royauté hors de page, N lelils aîné de l’Église elf le premier à s’émanciper (i).
« On le voit s’attaquer surtout à la féodalité cléricale. Les trois états ouétats généraux, convoqués par lui en l’an i3oe, l’aidèrent puissamment,tant clercs que nobles N bourgeois, contre le pape Boniface VIII, quirenouvelait les prétentions de Grégoire VII. »
Le roi de France était avide d’argent & en avait, du relie, grand be-soin pour l’accomplissement de ses projets & pour l’établissement régulierde l’adminiftration monarchique. Dans ce règne de vingt-neuf ans, ilaltéra trente-cinq fois les monnaies. « Le roi, a jutlement remarquéM. Michelet, ne pouvait sortir de cette situation désespérée que parquelque grande confiscation. Car, les juifs ayant été chassés, le coup nepouvait porter que sur les prêtres ou sur les nobles, seuls riches à cetteépoque. Or les templiers appartenaient aux uns & aux autres, & par cela
(i) Voir pour toute cette queflion de la culpabilité des Templiers, dans la Revuedes Ardennes i865, t. II, p. 23G & suivantes, un article de M. Alph. Feillet sur lesTempliers de M. Ll : zé de Montagnac.