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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

templiers, inadifs depuis la perte de la terre sainte, conftituaient en réalitéune des sociétés les plus fortes de lEurope, dautant plus forte que sesramifications sétendaient partout, que ses éléments étaient parfaitementdisciplinés, réunis par des liens indissolubles de fraternité & soumis à unevolonté unique émanant dun pouvoir éleéïif. Ils avaient donc de grandeschances de pouvoir réussir dans ce projet de former une société libre 8cpuissante. Les hospitaliers & les chevaliers teutoniques venaient de réussir.Les templiers lessayèrent dabord en Chypre, puis en Lrance (i). Depuislongtemps, Paris était devenu le véritable centre de lordre.

A cette époque, un mouvement fort remarquable se produisait en Lrance.Les fondateurs de la dynaftie capétienne, comme ceux des deux premièresraces, sétaient appuyés sur le clergé, sur lÉglise, pour combattre dabordla féodalité. Le roi même quelquefois, Louis VU par exemple, « plus moineque roi », avait en lui quelque chose du prêtre. Louis IX, que Boniface VilIa canonisé avant sa rupture avec Philippe le Bel, commença à vouloir faireprédominer dans le pouvoir royal lesprit laïque sur lesprit ecclésias-tique (2). La pragmatique sanction de 1269 devint entre les mains duparlement une machine de guerre assez redoutable contre la cour deRome. En même temps, Louis IX sentoura des légiftes 8c les fit entrer auparlement. Philippe III anoblit son argentier. La féodalité nobiliaire,comme la féodalité cléricale, était battue en brèche.

.« Déjà, depuis plus de deux siècles, la lutte entre le sacerdoce 8c la royautésétait engagée; on sait ce que fut la querelle des Invellitures, le grand duelentre Henri IV, empereur dAllemagne 8c le pape Grégoire VII, dont le par-lement de Paris, longtemps après, en 1729, condamnait encore la redoutable

(1) Dès 1228, le comte de Champagne Thibault sinquiétait de leur puissance dansses Etats; cette lutte elt un signe du temps, un avant-coureur de la grande confis-cation de Philippe le Bel. Thibault le Chansonnier fait saisir les biens des templierssitués dans son comté, & leur contefte le droit dacquérir sans son consentement ; lareine Blanche, le légat du pape Romain de Saint-Ange, puis le pape lui-même, sontchoisis comme arbitres de cette discussion, qui dura jusquen 1241, date dune pre-mière transaction. En 125 5 , on voit un second traité qui reftreint considérablementle droit dacquisition en Champagne. Les biens des templiers étaient si considé-rables, quen 1229 on les voit racheter, moyennant dix mille livres, les droits degruerie qui frappent leurs bois; ce chiffre éloquent juflifie & au delà de limmensitédes richesses de lordre. (Th. Boutiot, Les Templiers & leurs établissements dans laChampagne méridionale. Troyes, 18C6; in-8 u .)

(2) On a cependant de nos jours conterté lauthenticité de la Pragmatique de saintLouis. Les objections sont graves.